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Marianne
Ces "Zouaves" d’extrême droite qui multiplient les rixes dans les rues de Paris
Article mis en ligne le 27 octobre 2019
dernière modification le 26 octobre 2019

"Une véritable meute s’est ruée sur moi", c’est ainsi que le rappeur d’extrême droite Amalek décrit à Marianne l’agression qu’il a subie. Nous sommes le 6 octobre dernier, la scène a lieu devant une foule médusée qui manifeste contre la PMA à Paris. La victime a identifié plusieurs de ses agresseurs qui appartiennent, selon lui, à un groupe d’extrême droite baptisé "les Zouaves".

De son vrai nom Pierre-Marie Payet, l’agressé appartient, lui aussi, au milieu de l’extrême droite dure. Il a plusieurs fois été condamné à de la prison ferme pour des propos antisémites et homophobes. Mais ce ne n’est pas cela que lui auraient reproché ses agresseurs : contre-révolutionnaire catholique, il aurait eu le tort de critiquer la violence et le paganisme des militants de l’ex-GUD (le célèbre Groupe union défense), dont sont issus les Zouaves.
Six mois de prison avec sursis, trois mois ferme

Amalek s’en tirera avec quelques contusions et le visage tuméfié. Pour ne pas être considéré comme une "balance", il n’a pas porté plainte. Celle-ci serait venue grossir un tantinet le dossier policier et judiciaire des Zouaves...

Deux d’entre eux ont été récemment condamnés pour "entente en vue de commettre des violences ou des dégradations" : Aloys Vojinovic et Marc de Cacqueray-Valmenier, considéré comme le chef des Zouaves, issue d’une famille ultraconservatrice de la vieille noblesse française qui compte notamment un abbé de la Fraternité Saint-Pie-X et un élu Rassemblement national du Mans. (...)

Le 29 janvier 2019, toujours lors d’une manif de gilets jaunes, ils s’en prennent à des militants du Nouveau parti anticapitaliste.

"C’était un véritable guet-apens. Ils sont arrivés à une trentaine..."

"Ils nous attendaient au niveau de Bercy, près d’un chantier, raconte un jeune militant du parti d’extrême gauche. C’était un véritable guet-apens. Ils sont arrivés à une trentaine en nous disant : ’Dehors les gauchistes, dégagez de nos manifs’. Ils nous ont jeté des pavés, certains militants ont été blessés au torse ou aux jambes mais heureusement, rien de grave. Des gilets jaunes lambda sont venus à notre secours et se sont montrés solidaires." La plupart des assaillants d’extrême droite avaient le visage masqué, mais pas Marc de Cacqueray, qu’on distingue nettement sur une photo (...)

Le NPA n’a pas porté plainte : "On n’allait pas leur faire de la pub", explique notre jeune militant. (...)

Après cela, les Zouaves n’iront plus aux manifs gilets jaunes. Et pour cause : le samedi suivant, des antifas les dégagent par la force. La dérouillée est sévère : sur une vidéo, on voit Aloys Vojinovic, blessé au visage, se plaindre du manque de solidarité de son chef, Marc de Cacqueray, qui semble s’être carapaté.

"C’est un groupe d’extrême droite qui relève plus du hooliganisme que d’autre chose, indique une source policière. Ultraviolents, ils ne sont pas pour autant très courageux. Ils sont forts à 15 contre un mais en cas de problème, ils appellent la police." (...)

Le jour de l’incendie de Notre-Dame, des Zouaves croisent par hasard des antifas. Une altercation éclate, quelques coups sont échangés. Un militant d’extrême droite, Antoine O., porte plainte pour violence contre l’un des antifas, Antonin Bernanos, connu lui du grand public pour avoir été condamné dans une précédente affaire d’agression de policier, en 2016, lors du mouvement contre la loi Travail. Selon ses camarades présents ce jour-là, Bernanos n’aurait porté aucun coup. Il dort depuis 6 mois en prison, dans l’attente d’un procès. Quant aux Zouaves et Marc de Cacqueray, contactés par Marianne, ils ont décliné, après avoir un temps accepté, notre demande d’entretien. (...)

voir aussi :

Le militant antifasciste Antonin Bernanos est provisoirement libre, après plusieurs mois passés en prison suite à une plainte de militants identitaires.

Le parquet conteste pour la deuxième fois sa libération, il comparaît ce mardi 29 octobre devant la cour d’appel de Paris. https://t.co/qfkq1hMcm3