Alors que Vincent Bolloré célèbre son (relatif) départ en retraite, un livre, un film et un appel collectif mettent l’accent sur les pressions exercées par les pouvoirs économique et politique sur l’investigation dans l’audiovisuel.
Costumes glaziks traditionnels, bombardes et binious : c’est dans une chapelle bretonne, en compagnie notamment de trois sœurs augustines, d’élus locaux, et d’invités arrivés de Paris dans deux wagons réservés du TGV, que Vincent Bolloré a célébré le bicentenaire de son groupe, et transmis le sceptre à deux de ses fils. A la sortie de la chapelle de Kerdévot à Ergué-Gabéric, l’attendait une petite délégation d’un collectif « Stop Bolloré », brandissant notamment une pancarte : « Touche pas à nos manuels scolaires ». Car ils sont plusieurs, citoyens et organisations, à avoir décidé de célébrer à leur manière le départ en – relative – retraite du milliardaire qui a décidé d’infuser le zemmourisme dans le débat présidentiel français. Parmi tous les participants à ce pot de départ, qui coïncide aussi avec une mission d’enquête sénatoriale sur la concentration dans les médias, distinguons un livre, un film, et un appel collectif : à quelques semaines de la présidentielle, tous mettent plus largement l’accent sur les pressions multiples exercées par les pouvoirs, économique et politique, sur l’investigation dans l’audiovisuel.
Les étouffeurs de l’information
Le livre est signé de Jean-Baptiste Rivoire, ex-investigateur de Canal +. Il est titré « l’Elysée (et les oligarques) contre l’info », aux éditions Les liens qui libèrent
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sur le site de l’éditeur :
L’Élysée (et les oligarques) contre l’info, Jean-Baptiste Rivoire
Fruit d’un travail de trois ans mené au coeur du système médiatique français, cette enquête riche en révélations lève le voile sur les relations sulfureuses entre le pouvoir et les médias. Elle raconte comment, en lien avec les puissants industriels ayant pris le contrôle de la presse, nos trois derniers présidents ont agi au mépris du droit à l’information des citoyens français et des principes démocratiques.
Jean-Baptiste Rivoire dénonce les intrigues de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, qui ont usé de leur influence et de leurs liens avec les oligarques que sont Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Martin Bouygues, Patrick Drahi ou Xavier Niel. Ces amitiés tissées d’intérêts et de faveurs mutuelles ont souvent nourri un régime de terreur dans certains médias français. Grâce à leur contrôle de l’audiovisuel public et à ces précieux soutiens, nos présidents de la République ont obtenu que soient écartées des enquêtes questionnant leur politique, voire que certains médias deviennent les relais de leur communication, au risque de basculer dans la propagande. En retour, les locataires de l’Élysée permettent aux oligarques une mainmise toujours plus importante sur les médias français et leur concèdent de nombreux avantages, notamment fiscaux.
Au travers du récit de ces tentatives de bâillonner l’information, sont révélées les méthodes contestables qui incluent l’intimidation, la menace et l’espionnage des journalistes, s’appuyant sur des hommes de l’ombre, organisant des rendez-vous cachés, et mettant à mal le secret des sources, l’indépendance de l’information et la liberté d’expression.