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la Croix
Beauvau de la sécurité : Emmanuel Macron n’opère pas de révolution dans le contrôle de la police
Article mis en ligne le 18 septembre 2021

Le président a donné des gages aux forces de l’ordre en multipliant les mesures de soutien lors de la clôture du Beauvau de la sécurité, mardi 14 septembre, à Roubaix. Sans remettre en cause l’IGPN, il souhaite mettre en place une délégation parlementaire chargée d’évaluer l’action des policiers.

« Vive la police nationale, vive la gendarmerie nationale ! » En chef de troupe, Emmanuel Macron achève son discours d’une heure devant un parterre de policiers, gendarmes et élus réunis dans la cour de l’École nationale de police de Roubaix (Nord), mardi 14 septembre. (...)

Simplification de la procédure pénale, amendes forfaitaires pour les occupations illicites, investissements massifs… Le chef de l’État a égrainé des mesures, davantage destinées à répondre au malaise policier qu’à la défiance d’une partie de la population face à l’institution. En décrivant aussi une « violence latente » que « les statistiques ne disent pas », il confirme son intention de ne pas laisser le champ libre à la droite sur le volet sécuritaire à l’approche de la présidentielle. (...)

Huit mois de débats

Cette prise de parole venait clore les huit mois de concertation du Beauvau de la sécurité. Parmi les mesures attendues, des changements sur le contrôle de la police. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), composée à 75 % de policiers, est en effet souvent accusée de laxisme du fait de sa dépendance au ministère de l’intérieur. (...)

Le premier ministre, Jean Castex, et le ministre Gérald Darmanin ont dit être prêts à placer une personnalité indépendante à sa tête… Emmanuel Macron n’a pas voulu aller aussi loin. « Nous n’avons rien à craindre d’une transparence accrue », a-t-il cependant soutenu, annonçant que les « rapports de l’IGPN et de l’IGGN (l’inspection de la gendarmerie, NDLR) seront désormais rendus publics ». Il s’agit là du volet administratif du travail de l’IGPN, qui consiste à enquêter sur les manquements professionnels des agents. (...)

Emmanuel Macron veut également proposer aux présidents du Sénat et de l’Assemblée « de créer une instance de contrôle parlementaire des forces de l’ordre, qui pourra procéder à l’évaluation de leur action » (...)

« Nous exerçons un contrôle sur le respect des libertés fondamentales, nous pouvons auditionner des ministres, nous rédigeons des recommandations mais nous n’avons pas de rôle de sanction », précise son président, le sénateur LR François-Noël Buffet. Un tel dispositif nécessitera une loi. Il s’agirait alors d’un nouvel organe de contrôle externe, en plus de la défenseure des droits. Sans que l’immuable IGPN, qui réalise aussi des enquêtes judiciaires, n’évolue réellement.