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Le Monde
A Bordeaux, la cour administrative d’appel a confirmé l’expulsion d’un Ukrainien quatre jours après le début de la guerre
Article mis en ligne le 11 mars 2022

Dans leur décision datée du 28 février, les magistrats estiment que le père de famille de 36 ans « ne produit aucun élément probant de nature à établir la réalité des risques » en cas de retour dans son pays.

La préfecture a assuré qu’elle ne mettrait pas en œuvre la mesure.

Pour la cour, le père de famille de 36 ans, dont la demande d’asile a été définitivement rejetée en 2018, « ne produit aucun élément probant de nature à établir la réalité des risques » encourus en cas de retour en Ukraine, selon sa décision datée du 28 février, sans faire référence à l’invasion russe qui venait juste de débuter, quatre jours auparavant.

« Décision déconnectée de toute forme de réalité »

« C’est une décision déconnectée de toute forme de réalité et de l’actualité », s’est offusqué Me Julien Brel, l’avocat du couple d’Ukrainiens, tous deux sourds, qui résident près de Toulouse avec deux enfants de 2 et 6 ans. (...)

Pour la cour, le père de famille de 36 ans, dont la demande d’asile a été définitivement rejetée en 2018, « ne produit aucun élément probant de nature à établir la réalité des risques » encourus en cas de retour en Ukraine, selon sa décision datée du 28 février, sans faire référence à l’invasion russe qui venait juste de débuter, quatre jours auparavant.

« Décision déconnectée de toute forme de réalité »

« C’est une décision déconnectée de toute forme de réalité et de l’actualité », s’est offusqué Me Julien Brel, l’avocat du couple d’Ukrainiens, tous deux sourds, qui résident près de Toulouse avec deux enfants de 2 et 6 ans. (...)

« Après le 24 février, on ne peut plus écrire qu’un Ukrainien n’encourt aucun risque en cas de retour en Ukraine », a-t-il dénoncé. La cour administrative d’appel a toutefois rappelé que l’audience s’était tenue le 24 janvier, un mois « avant le déclenchement de l’offensive ». (...)

Le père avait quitté sa région du Donbass, dans l’Est séparatiste de l’Ukraine, au début du conflit, en 2014, pour déménager chez sa belle-famille à Vinnytsia, où il aurait été mal accueilli en raison de ses origines. Le couple était ensuite arrivé sans papiers en 2015 dans la région de Toulouse, donnant naissance à un premier enfant atteint d’une malformation congénitale. Leur avocat s’apprête à déposer une nouvelle demande d’asile.