Réunis à Tours à l’occasion du 54e congrès de la CGT, des responsables syndicaux venus de 71 pays ont affiché leur volonté de construire une riposte internationale face à la montée de l’extrême droite.
« Ce soir, face à leur internationale de la haine, nous construisons l’internationale du monde du travail ». C’est par ces mots que la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a conclu le meeting international contre l’extrême droite organisé lors de la deuxième journée du 54e congrès de la CGT, réuni à Tours.
De Maurizio Landini, secrétaire général de la CGIL italienne, à Gautham Modi du syndicat indien NTUI, en passant par Antonio Lisboa du Brésil ou Magdalena Chojnowska, tous les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une solidarité syndicale internationale renforcée. « L’antidote au poison de l’extrême droite est un tournant démocratique fondé sur un programme de justice économique et sociale, qui doit être international », a notamment affirmé Nick Allen, du syndicat américain SEIU.
« Il n’est plus minuit moins le quart, il est minuit moins une », a lancé Sophie Binet d’un ton grave. Les différents intervenants ont rappelé l’ampleur de la menace que représentent aujourd’hui les mouvements nationalistes, autoritaires et d’extrême droite à travers le monde. « Sachons mettre les débats futiles pour nous rassembler » insiste la numéro un de la CGT.
La résistance syndicale s’organise
Du gouvernement nationaliste hindou, au pouvoir en Inde depuis quatorze ans, à Giorgia Meloni en Italie, en passant par Donald Trump aux États-Unis ou Javier Milei en Argentine, le constat est partagé. « Ils trouvent des ennemis partout pour détruire les institutions et la confiance de notre peuple dans ce qui nous rend libres, a déclaré Roberto Baradel, syndicaliste argentin du CTA-A. Nous allons contribuer à la lutte contre le fascisme dans le monde ». Car les victoires existent. (...)
Les syndicats, « un contrepouvoir fort »
Tous les participants se sont accordés sur un point : « Pour contrer le fascisme, il faut s’attaquer aux maux du capitalisme ». Céline Amana, de la CSP Cameroun, a ainsi appelé à renforcer la coordination entre les organisations syndicales internationales. Elle a proposé notamment « l’adoption d’un protocole d’organisation » permettant de soutenir rapidement les syndicalistes arrêtés, ainsi que la mise en place « de formations communes et le partage d’outils juridiques ». (...)