Qui a dit qu’on est mal payé quand on travaille dans le social ? Et comment ne pas être affligé quand on prend connaissance de cet article du Canard enchainé ? Le palmipède du 22 septembre dernier nous apprend que le directeur d’une association qui gère des centres pour migrants et personnes précaires touche 11.400 euros de salaire mensuel net et dispose d’une Audi Q7 comme voiture de fonction (2097 €. Par mois en leasing payé par la structure qui l’emploie).
L’association propose de l’hébergement d’urgence, des centres de soins, des activités d’insertion économique, et des services de protection de l’enfance. Elle mène de nombreuses actions en faveur des migrants ou SDF. Son budget est d’environ 85 millions d’euros en 2020, une somme majoritairement composée de fonds publics.
L’article ne nous dit pas combien perçoivent les mille salariés de cette entreprise « associative » qui gère aussi le 115 dans les Yvelines et en Seine-et-Marne. Les écoutants qui peinent à trouver des hébergements pour les sans abris ont été sans nul doute ravis d’apprendre que leur directeur perçoit, outre son salaire, 533 euros de frais mensuels pour se loger.
Rien n’est illégal dans tout cela précise le Canard Enchainé. Mais combien de situations similaires existent en France dans Le secteur ? Rappelons qu les associations sont soumises à des audits et à des validations de leur budget réalisé par des commissaires aux comptes assermentés. C’est d’ailleurs celui de l’association concernée (Equalis) qui a permis de soulever le problème de cette gabegie en refusant de valider son exercice comptable. (...)
Alors que des éducateurs et assistantes sociales en début de carrière perçoivent à peine plus de 1200 € par mois, certains dirigeants jouent dans la cour des grands chefs d’entreprises qui s’octroient des salaires bien au-delà de ce qui se pratique couramment. L’article du Canard enchainé explique que la présidente de l’association n’est pas choquée par ce revenu alloué à son directeur « Equalis à une croissance forte qui nécessite des professionnels expérimentés » dit-elle. On croirait entendre un dirigeant du CAC 40 alors qu’elle est bénévole.
Portant, les associations sont subventionnées par les collectivités territoriales et l’État. Beaucoup se plaignent de leur manque de moyens. Comment les croire désormais ? Cette association adhère à la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS). Son patron qui a été élu à la présidence du Conseil des Régions de la Fédération pourra-t-il expliquer à ses collègues comment il fait pour équilibrer son budget avec de tels émoluments ? (...)
-* Les sociétés du CAC 40, dont les profits avaient reculé en 2020, ont fait 50 milliards d’euros [Md€] de bénéfices à redistribuer aux actionnaires pour le seul premier semestre 2021.
- Total et Sanofi, ont distribué à leurs actionnaires en 2019, 12,5 Md. € soit autant sinon plus que ce que l’État verse à 2 millions de foyers pour le RSA.
- Les dirigeants des entreprises du même CAC 40 (donc les 40 plus grosses entreprises françaises) toucheront en moyenne, sur l’année 2021, 5,3 millions d’euros soit 1,5 million d’euros de plus qu’en 2020
- Les 500 grandes fortunes de France ont vu leur patrimoine progresser de 30 % en un an pour atteindre près de 1000 milliards d’euros (soit en moyenne deux milliards pour chacune). Alors que le PIB du pays baissait, avec la crise sanitaire et économique, de 8 %
Avec la réduction des droits à indemnisation à venir de plusieurs millions de chômeurs, cherchez l’erreur !