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Club de Mediapart/ Atelier d’Ecologie Politique de Toulouse Collectif de chercheur.es
Pour un label Sans-IAg dans l’enseignement, la culture, le journalisme, la recherche (à signer)
#IA #labelSansIAg #Atécopol
Article mis en ligne le 20 juin 2026
dernière modification le 19 juin 2026

L’Atécopol publie ce 18 juin un plaidoyer pour l’émergence d’un label « Sans-IAg » dans l’enseignement, la culture, la recherche, le journalisme et les entreprises. Il a été signé par 1400 professionnels et citoyen·nes. Il invite à ne pas utiliser l’IA générative dans le cadre professionnel et à afficher son engagement sous la forme d’une phrase explicite, d’un logo personnel ou d’un court texte.

Il y a dix ans, face à la place grandissante des plats pré-cuisinés dans la restauration, émergeait un petit logo sans prétention, sans organisme certificateur, et sans processus de labellisation : le label « fait maison ». Signe de confiance et de reconnaissance entre un restaurant et sa clientèle, il indiquait que - comme cela devrait aller de soi - la nourriture que l’on s’apprêtait à manger avait été cuisinée sur place, et non simplement réchauffée au micro-ondes après avoir été produite en usine.

Dix ans plus tard, le déferlement de l’intelligence artificielle générative[i] (IAg) dans tous les aspects de la vie quotidienne désoriente les nombreuses personnes qui sont attachées aux productions humaines et subissent cette vague de déshumanisation avec effroi, tristesse ou colère : plus moyen de savoir si un article de journal, un morceau de musique ou un contenu éducatif a été produit par une IAg. Du côté des créateur·ices, la situation n’est pas beaucoup plus rose : face à la concurrence de ChatGPT et de l’automatisation, comment faire valoir et reconnaître son choix de continuer à proposer une production humaine ?

Au-delà du cas extrême des productions entièrement générées par IAg, cette dernière peut être utilisée à des degrés divers lors de différentes phases du processus de création (...)

l’IAg n’est pas un outil neutre avec ses bons et mauvais usages mais un système technique indissociable d’un pillage massif des œuvres, d’une exploitation des travailleur·ses du clic et d’infrastructures gigantesques et énergivores. On peut aussi refuser de laisser aux entreprises du secteur des pans entiers de notre humanité créatrice ou refuser de perdre des compétences et une autonomie auxquelles nous sommes attaché·es. Mais qu’importe : que ce soit du côté des créateur·ices comme de celui des personnes qui accèdent à des contenus, il est temps que nous puissions nous reconnaître, nous rallier, nous faire confiance, et créer un réseau de créations entièrement humaines.

Une piste consisterait à demander à toutes les personnes faisant appel à l’IAg à quelque étape que ce soit de leurs processus de création de le déclarer explicitement et de manière transparente. Mais nous doutons qu’une telle pratique s’impose un jour, pour de nombreuses raisons. (...)

Nous proposons donc qu’un label Sans-IAg émerge rapidement partout où des personnes, des collectifs, des journaux, des laboratoires, des formations ou des entreprises prennent l’engagement de ne pas utiliser l’IAg dans leur pratique professionnelle. Ce label serait basé sur la confiance entre des humains. Il pourrait émerger à des échelles très diverses. (...)

Il pourrait apparaître sous la forme d’une phrase explicite, d’un logo personnel ou d’un court texte. L’important n’est pas la forme que cela prend ; il n’est peut-être même pas nécessaire qu’un label « officiel » et son lot de normes précises - et probablement invérifiables - existe ; l’important est que toutes les personnes qui se reconnaissent dans cette envie et cet engagement l’affichent explicitement. (...)

Il est probable que le déploiement de l’IAg ne déviera pas immédiatement de sa trajectoire dystopique actuelle. Pour autant, nous pouvons agir dès à présent pour que la poursuite d’une vie sans IAg ne s’apparente pas à un parcours d’obstacles, et même, reste tout simplement possible. Nous appelons donc à une réflexion collective à ce sujet dans toutes les institutions concernées. Il est temps de choisir son camp – IAg ou humain – et de clarifier sa position.

(...)