Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
SOS Mediterranée
« Tant que ce sera nécessaire, je reviendrai » : dix ans d’engagement en mer en qualité de médecin
#SOSMediterranee #OceanViking #sauvetages #migrants #immigration #solidarites
Article mis en ligne le 10 mai 2026
dernière modification le 7 mai 2026

Médecin à bord de l’Ocean Viking, Anne était déjà présente lors du premier départ du navire-ambulance de SOS MEDITERRANEE en 2016. Dix ans plus tard, elle continue de porter secours en mer, entre colère et espoir.

Vous étiez là dès le début, à bord de l’Aquarius. Que retenez-vous de ces premiers moments ?

Je me souviens du départ de Marseille, en février 2016. Il y avait un immense soutien, mais aussi beaucoup d’appréhension. Nous partions vers quelque chose d’inconnu, qui n’avait encore jamais été fait par des ONG, et tout était à construire : les procédures, la logistique, l’organisation.

Le premier sauvetage reste un moment très fort. Accueillir ces personnes à bord, entendre leurs récits… Il y avait à la fois le choc et le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’essentiel.
Pourquoi vous être engagée avec SOS MEDITERRANEE ?

Je travaillais déjà avec Médecins du Monde sur les routes migratoires. Je savais que la Méditerranée centrale était l’une des routes les plus meurtrières (...)

Le contexte s’est profondément durci. Le vide a laissé place à l’obstruction, puis à l’obstruction violente : refus de débarquement, jours d’attente en mer, tensions, insécurité. Aujourd’hui il y a la peur permanente que les sauvetages soient interrompus par les garde-côtes libyens.

C’est frustrant, révoltant. Mais tant que cela continue, il faut une présence. (...)

On croise des personnes à un moment extrêmement fort de leur vie. Les premières heures à bord sont très intenses : même sans parler la même langue, il se passe avec elles quelque chose de très profond.

Voir leur état évoluer, les voir reprendre vie, sourire, échanger… c’est extraordinaire.

Et puis, il y a le sens de notre action. (...)