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RFI
La guerre au sud du Liban fait vaciller le système politique et l’unité du pays
#guerreAuMoyenOrient #Liban
Article mis en ligne le 3 juin 2026

Alors que l’invasion israélienne ravage le Sud et déplace plus d’un million de Libanais, le conflit ravive les clivages internes, jusqu’à remettre en cause le système confessionnel et l’unité même du pays. Tandis que certains appellent à la résistance armée et refusent toute négociation avec Israël, d’autres assument désormais l’idée d’un « petit Liban » ou d’un modèle fédéral, faisant resurgir le spectre de la partition.

« Nous espérons que l’armée israélienne atteindra Batroun. Nos prières et nos cœurs sont avec l’Armée de défense d’Israël ». La phrase est saluée par une salve d’applaudissements et des cris d’approbation.

La scène ne se déroule pas à Tel-Aviv mais dans un restaurant de Batroun, une ville à majorité chrétienne du Nord-Liban, samedi 30 mai. L’auteur de ces louanges adressées à l’armée israélienne, qui a tué plus de 3400 personnes au Liban depuis le 2 mars, est un jeune homme, Rawad Nassar, sympathisant d’un parti chrétien libanais représenté au Parlement.

Le lendemain, quelques dizaines de personnes, rassemblées sur la place des martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, brandissent des drapeaux du Hezbollah et du Liban. Tous ne sont pas membres du parti chiite. Il y a aussi, parmi eux, des sunnites, des druzes et des chrétiens.

La foule est en colère. Elle appelle les autorités politiques à suspendre les négociations directes avec Israël, les accuse d’être incapables de protéger le pays et ses habitants et exprime son soutien à la « résistance » du Hezbollah face à l’invasion israélienne.

Ces deux tableaux transmettent des messages diamétralement opposés et illustrent combien est profond le fossé qui sépare les Libanais. (...)

Cette division verticale n’est pas palpable seulement au niveau de la population. Elle transcende les élites dirigeantes, la classe politique et les communautés religieuses, à des degrés divers. (...)

Israël est clairement désigné comme un « ennemi » et les lois libanaises, y compris le code pénal, interdisent toute normalisation ou contact avec des entités ou des citoyens israéliens.

Malgré cela, certaines personnalités politiques n’hésitent plus à afficher ouvertement des avis contraires. (...)

existence en Israël d’un fort courant appelant à la colonisation du Sud-Liban. (...)

C’est l’ensemble du tissu socio-démographique du Liban qui est compromis et les tensions qui pourraient en résulter pourraient avoir des conséquences incalculables. (...)

Alors que l’invasion israélienne ravage le Sud et déplace plus d’un million de Libanais, le conflit ravive les clivages internes, jusqu’à remettre en cause le système confessionnel et l’unité même du pays. Tandis que certains appellent à la résistance armée et refusent toute négociation avec Israël, d’autres assument désormais l’idée d’un « petit Liban » ou d’un modèle fédéral, faisant resurgir le spectre de la partition. (...)