Une grande manifestation organisée par le syndicat CGIL s’est tenue samedi à Amendolara, une commune rurale de la Calabre où, quelques jours plus tôt quatre jeunes ouvriers agricoles immigrés ont été enfermés dans un fourgon garé sur une aire de service et brûlés vifs par deux ressortissants pakistanais. Ces hommes qui étaient leurs contremaîtres ont été identifiés et incarcérés. Ils auraient commis ces crimes d’une cruauté inouïe pour faire taire la rébellion des victimes qui réclamaient leur salaire et des conditions de vie moins indécentes.
Sous le slogan "Restons humains !", des milliers de personnes, dont des élus de gauche et des représentants d’associations sociales, ont participé samedi 6 juin à un rassemblement dans un climat mêlant tristesse et colère, suite à la mort lundi de quatre jeunes ouvriers agricoles brpulés vifs dans un fourgon.
Main dans la main, immigrés et Italiens ont réclamé la fin de toute forme d’exploitation, de violence et d’omerta.
De fait, le quadruple crime contre des ouvriers agricoles immigrés commis par d’autres immigrés, faisant office d’intermédiaires, est étroitement lié à un système opaque de recrutement soutenu par la criminalité organisée, et à la lutte insuffisante contre le "caporalato", l’esclavage dans l’agriculture.
230 000 ouvriers agricoles victimes du caporalato
"Sans les travailleurs étrangers, nous ne sommes pas capables de faire les récoltes", explique Maurizio Landini, le leader du syndicat CGIL. "Mais d’une part la loi contre le ’caporalato’ n’est pas appliquée et d’autre part des lois ont été créées pour favoriser la sous-traitance". (...)
Ormai88, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons