En Indonésie s’est ouvert cette semaine le procès de quatre militaires accusés d’avoir perpétré une attaque à l’acide contre un défenseur des droits de l’homme. Les procureurs militaires ont requis deux ans et demi de prison. Andrie Yunus avait été défiguré en mars dernier. Il dénonçait une mainmise croissante de l’armée sur le pouvoir politique. Pour l’organisation de la société civile KontraS, à laquelle il appartenait, ce procès en cour martiale est l’arbre qui cache la forêt.
(...) Une mascarade selon Nadine Sherani, chargée de plaidoyer international auprès de KontraS, l’association dans laquelle militait la victime : « La vengeance comme mobile est totalement fausse. Nous avons pu établir que 16 individus étaient impliqués dans la préparation, la surveillance, le financement et même l’exécution de l’attaque. Le projet a visiblement été planifié durant des mois pour aboutir à l’agression du 12 mars 2026. »
Ce jour-là, alors qu’il était à moto, Andrie Yunus a été aspergé d’acide par des individus roulant en sens inverse. Les vidéos sont terrifiantes. Le militant est toujours en soins intensifs et a perdu l’usage d’un œil. (...)
Ses soutiens ne cessent de le réclamer : il faudra un tribunal civil pour échapper à l’impunité.