Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Infomigrants
En Tunisie, près de 4 000 migrants ont quitté le pays depuis juillet par le programme de retour volontaire de l’État tunisien
#Tunisie #migrants #immigration #expusions
Article mis en ligne le 20 mai 2026
dernière modification le 18 mai 2026

Le ministère tunisien de l’Intérieur a indiqué que près de 4 000 migrants subsahariens avaient quitté la Tunisie depuis le mois de juillet 2025 par le biais du programme de retour volontaire mis en place par le gouvernement. Celui-ci complète les retours volontaires proposés aux exilés par l’Organisation internationale pour les migrations.

(...) Ils sont donc à distinguer des retours volontaires proposés aux exilés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

L’État tunisien organise ces vols au départ de la Tunisie depuis le mois de juillet dernier. L’annonce avait été faite fin juin par le porte-parole de la Garde nationale tunisienne, Houcem Eddine Jebabli. "L’État a commencé à fournir des billets [d’avion] aux migrants africains en situation irrégulière" pour qu’ils "quittent la Tunisie et rentrent dans leur pays d’origine", avait-il déclaré auprès de l’agence de presse tunisienne (TAP).

Depuis plusieurs années, le gouvernement de Kaïs Saïed a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière sa priorité. Depuis février 2023, date d’un discours présidentiel virulent anti-migrants, le chef de l’État multiplie les restrictions pour pousser ces sans-papiers hors du pays. On estime que le nombre de migrants irréguliers en Tunisie se situe entre 20 000 et 25 000, selon les chiffres des ONG.

Mais, selon des migrants installés dans les campements près de la ville de Sfax, les autorités tunisiennes multiplient désormais les expulsions pour forcer les exilés à partir. "Les hôpitaux de fortune autogérés sont régulièrement détruits. L’objectif est de terroriser pour forcer les retours dits ’volontaires’. Ensuite, la police vient le matin annoncer qu’un bus viendra pour le retour. C’est une nouvelle tactique (...)

"La vie est devenue trop difficile"

Les exilés subsahariens sont de plus en plus nombreux à solliciter l’OIM pour bénéficier de ces retours. InfoMigrants a déjà recueilli de nombreux témoignages de personnes en attente de leur enregistrement ou bien de leur départ depuis de longs mois.

"La vie en Tunisie est devenue trop difficile. Tout va mal", avait confié Abdoulaye*, un Ivoirien de 19 ans établi près de Sfax, à InfoMigrants en juillet dernier. "On ne peut plus travailler car les employeurs refusent les Noirs, on ne peut plus se loger pour les mêmes raisons. Et les policiers viennent tout le temps détruire nos cabanes en nous disant de rentrer chez nous. On n’ose pas sortir car on a peur d’être agressé dans la rue par des Tunisiens qui nous volent nos téléphones et notre argent". (...)

"Il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires" (...)