Alors que les Iraniens réussissent, tant bien que mal, à se reconnecter à internet depuis peu, ils décrivent tous une situation économique invivable. Augmentation des prix, chômage, licenciement... Selon un expert iranien, le pays comptera cette année 4,5 millions de personnes de plus sous le seuil de pauvreté.
(...) Les femmes en première ligne (...)
Avec le retour d’internet, après plus de 80 jours de coupure, beaucoup d’Iraniens partagent sur les réseaux leur inquiétude face à l’avenir. « Je suis enseignant, mes conditions de vie se dégradent, mais je ne peux pas me faire embaucher pour une activité complémentaire. Aucune entreprise ne veut m’embaucher car il faudrait que ce soit un temps partiel et de nuit. Malheureusement, je n’ai pas assez d’économies pour lancer mon propre business », raconte, désespéré, un internaute sur X.
Inflation sans précédent (...)
Dans un article publié le 26 mai , le journal Shargh constate également que l’augmentation des prix des protections hygiéniques féminines entraîne des problèmes sanitaires pour certaines femmes, surtout dans les quartiers périphériques des villes et les zones défavorisées. Cette hausse a « contraint certaines familles à réduire leur consommation ou à se tourner vers des solutions moins hygiéniques », écrit la journaliste Niloufar Hamedi.
« La situation économique est terrible, je ne me souviens pas d’avoir vu une inflation aussi élevée. Certaines personnes deviennent très riches et beaucoup d’autres s’appauvrissent de plus en plus », confirme Vali*, médecin à Téhéran.
Selon Firouz*, conseiller financier pour une vingtaine d’entreprises, avec la dépréciation de la monnaie nationale, le salaire minium iranien est d’environ 90 dollars aujourd’hui. « Mais cela ne signifie pas que certaines personnes n’aient pas encore moins », regrette-t-il. (...)
« On est obligé de continuer à vivre. Comme toujours, on s’adapte. On sait le faire mais c’est de plus en plus dur. J’ai l’impression qu’il faut que je recolle à chaque fois des milliers de morceaux de moi pour recommencer de zéro », décrit Marina. « Ce régime criminel [la République islamique, NDLR] doit être anéanti ou le peuple ne survivra pas », conclut Ali.
crédit image : FreCha, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons