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Club de Mediapart/ Guillaume Sacriste
En arrière-fond de la BD de Ruffin, la violence des politiques de la SNCF
#SNCF #controles #sectarisme
Article mis en ligne le 4 juin 2026
dernière modification le 3 juin 2026

Beaucoup de choses ont été dites à propos de la bande dessinée de François Ruffin. En revanche, on n’a pas beaucoup évoqué l’arrière-fond de ce qui est décrit dans cette anecdote, à savoir la violence, le sécuritarisme et l’ultra-contrôle qui règne désormais en maître à la SNCF.

(...) Je me rappelle de ce temps pas si lointains où l’accès aux quais était naturellement libre et où l’on pouvait, notamment, saluer nos proches au moment du départ, ce temps où les billets de train n’étaient pas nominatifs et pouvaient être échangés, cédés, de manière très simple, où il n’y avait pas besoin de reporter ses numéros de carte de réduction et mille autres informations personnelles pour acheter son billet ou celui d’une autre personne, où, arrivant régulièrement essoufflé dans le TER que j’avais failli rater, et me dirigeant vers le contrôleur, celui-ci ne m’imposait pas, en plus, des « frais de bord » exorbitants. Où, avec le billet d’un même trajet, un train pouvait facilement être pris à la place d’un autre. Où une petite erreur dans ton titre de transport ne déclenchait pas l’arrivée d’une escouade de flics prête à immobiliser le train comme relaté dans cet épisode. (...)

Ce temps où jamais je n’aurais imaginé me faire contrôler par du personnel armé laissant entendre par sa présence massive et agressive que frauder dans le train ne constituait plus une simple infraction mais un grave délit.

Oui, c’est aussi ça ce que je vois dans cette planche de BD.

La violence institutionnelle d’une entreprise au statut ambigu, associant le pire du marketing capitaliste à un autoritarisme assumé, inflexible avec les plus vulnérables comme avec celleux qui n’auraient pas réussi en tout point à se conformer à l’ensemble de ses modalités commerciales en perpétuel changement et déshumanisantes au possible. Une entreprise où, au personnel « cheminot » solidaire, on tente de substituer une armée d’individus détachés les uns des autres, formés à des objectifs de résultats en termes de verbalisations et abreuvés d’un langage corporate débilitant les poussant à te corriger lorsque tu dis « usager » au lieu de « client », voire « train » au lieu d’« inoui tgv » (sic).