Texte bloqué, le secteur continue de produire à grande vitesse
Selon une étude réalisée par la coalition Stop fast-fashion et publiée ce mardi, la moitié des vêtements trop abîmés qui arrivent en ressourcerie viennent de la fast-fashion et 5 % de l’ultra fast-fashion.
Deux ans après le vote à l’unanimité à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi pour réguler l’industrie du textile et freiner l’essor de l’ultra fast fashion, plusieurs associations s’indignent du blocage des discussions entre la France et la Commission européenne. D’autant que selon une étude de la coalition Stop fast-fashion et publiée ce mardi 14 avril, le secteur mais surtout la fast fashion traditionnelle, continuent de produire à grande vitesse des vêtements qui s’abîment tout aussi rapidement.
Que ce soit en ville ou en zone rurale, les ressourceries explosent, démontre cette étude : 60% des vêtements donnés sont trop abîmés, hors d’usage. Parmi eux, la moitié vient d’enseignes de la fast fashion, comme H&M, Zara ou Kiabi, et 5% de ces vêtements de l’ultra fast fashion, vendus par Shein ou Temu.
Pour Marie Castagné, du Réseau national des ressourceries, il faut d’urgence réguler l’ensemble de la fast fashion : "Les discours actuels visent à dire qu’il faut réguler uniquement l’ultra fast fashion, alors qu’en fait il faut réguler aussi la fast fashion, puisqu’elle génère des effets de production de déchets importants. Depuis deux ans, certaines marques de la fast fashion ont eu le temps de sortir jusqu’à 104 nouvelles collections chacune. Et les entreprises de l’ultra fast fashion, en deux ans, elles ont lancé plus de 5 millions de nouveaux modèles. Donc plus on attend pour réguler le secteur, plus la situation s’aggrave". (...)
Pour l’environnement et les droits humains, il est essentiel que nos responsables politiques encadrent les pratiques de l’industrie textile par des lois contraignantes. Après son adoption à l’Assemblée Nationale puis au Sénat, la proposition de loi attend son passage en commission mixte paritaire et fait l’objet de questionnements sur sa conformité au droit européen par la Commission européenne. Nous appelons donc le gouvernement français à défendre le texte au niveau européen et permettre son adoption le plus rapidement possible ! (...)
La Coalition Stop Fast-Fashion exige que la loi revienne à son ambition initiale pour réguler l’industrie dans son ensemble :
1. Une définition large incluant toutes les enseignes de fast-fashion sans distinction de canal de vente.
2. Un malus financier dissuasif allant jusqu’à 10 euros par produit d’ici 2030 pour toutes les marques répondant aux critères de la fast-fashion.
3. L’interdiction totale de la publicité pour l’ensemble du secteur de la fast-fashion.
Il est inconcevable de protéger les acteurs “historiques » sous prétexte de préserver l’activité économique. Quand ils terminent dans une décharge à ciel ouvert, la planète ne fait pas de différence entre un tee-shirt H&M et un tee-shirt Shein.
Interpellons la Ministre de la Transition Ecologique (...)