Vendredi 8 mai, des défenseurs des droits de l’homme israéliens ont observé une journée de solidarité avec les Palestiniens attaqués par des colons en Cisjordanie occupée. Assassinats, oliviers arrachés, maisons incendiées, alors que les violences se multiplient dans ce territoire palestinien, certains Israéliens appellent leurs compatriotes à ouvrir les yeux sur ce qu’il se passe à quelques kilomètres de leurs villes. Depuis plus de trois décennies, le rabbin Arik Ascherman tente de répertorier ces violences, de s’interposer et surtout d’assurer les Palestiniens de son soutien. Il dit le faire en tant qu’Israélien et en tant que juif.
C’est un rabbin qui passe plus de temps en Palestine que dans une synagogue. Au volant de sa voiture, Arik Ascherman, à la tête de l’organisation « Torat Tzedek » (« la Torah de la justice »), se dirige vers Mukhamas, au nord de Jérusalem. « Avant, les Palestiniens pouvaient être battus un jour par des colons et le lendemain par des soldats », explique-t-il. « Maintenant, ils peuvent être battus par les colons et les soldats en même temps. Cela arrive de plus en plus souvent. »
Dans ce village, un jeune homme a été tué il y a un peu plus de deux mois. (...)
En trois décennies, Arik Ascherman aura essuyé des coups, des tirs, des jets de pierre, mais aucun regret. « Une vie ne se mesure pas qu’à sa longévité, mais aussi par sa qualité », souligne Arik Ascherman. « Il y a des moments où il faut prendre des risques pour ce que l’on croit être juste. Je sais que ce que je fais est dangereux et je suis en paix désormais avec le fait de pouvoir être blessé ou même être tué pour ce que je fais. » (...)
credit image : יורם שורק, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons