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RFI
Bolivie : les autorités débloquent un accès à La Paz après des semaines de manifestations
#Bolivie #blocages #manifestations #repression
Article mis en ligne le 6 juin 2026

En Bolivie, la police et l’armée ont débloqué vendredi 5 juin une route vitale pour l’approvisionnement en nourriture de la capitale La Paz et de sa voisine El Alto, villes asphyxiées par plus d’un mois de manifestations réclamant la démission du président Rodrigo Paz, dans le contexte d’une crise économique aigue.

Au pouvoir depuis six mois en Bolivie, Rodrigo Paz, le dirigeant de centre droit s’apprête à décréter l’état d’exception afin de pouvoir recourir davantage à la force militaire pour lever les barrages routiers maintenus depuis des semaines par des paysans et des ouvriers dans plusieurs régions du pays andin.

Dans l’attente d’une autorisation du Parlement lui permettant de décréter cette mesure, la police, appuyée par l’armée, a dégagé des débris qui bloquaient un axe stratégique au sud de La Paz, ce vendredi 5 juin, a constaté l’AFP.

Avant sa réouverture, des centaines de personnes avaient dû parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre les communautés agricoles de Lipari et de Rio Abajo et s’approvisionner en légumes et autres produits alimentaires. Rodrigo Paz s’est rendu sur place après l’opération menée sur le terrain par son ministre de la Défense, nommé cette semaine, Ernesto Justiniano. Devant la presse, il a réitéré son appel « au dialogue » plutôt qu’à « la confrontation ».

Les villes de La Paz et d’El Alto, ainsi que dans une moindre mesure celles de Cochabamba (centre), Oruro (ouest) et Potosi (sud-ouest), manquent de nourriture, de médicaments et de carburant en raison des barrages routiers - près d’une centaine - à travers tout le pays. (...)

Les États-Unis renouvellent leur soutien à Rodrigo Paz (...)

Evo Morales, critique virulent de Washington, a répliqué ce 5 juin sur le même réseau social en estimant que les Etats-Unis « recourent une nouvelle fois au discours du narco-terrorisme pour stigmatiser la contestation sociale et discréditer les revendications légitimes » des mouvements sociaux. (...)

Paysans, ouvriers, mineurs, transporteurs et enseignants font pression sur le gouvernement depuis plus d’un mois afin d’obtenir une issue à la pire crise économique du pays depuis quarante ans. Ils réclament désormais sa démission.