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RFI/ Le grand invité Afrique
Afrique du Sud : « Les migrants jouent un rôle de bouc émissaire dans un contexte de pauvreté et de chômage »
#AfriqueduSud #xenophobie #migrants #immigration
Article mis en ligne le 5 juin 2026

Le gouvernement mozambicain a dénoncé cette semaine la mort de cinq de ses ressortissants lors « d’attaques xénophobes » en Afrique du Sud. Il s’agit des premiers morts recensés dans le pays depuis le début de l’actuelle flambée de violences xénophobes. Après 2008, 2015, 2018, l’Afrique du Sud est secouée par une nouvelle vague de manifestations et d’actions coups de poing antimigrants. Pour en parler, Cécile Perrot, maître de conférences à l’université de Rennes 2, est la grande invitée Afrique de RFI.

Cécile Perrot : L’organisme Xeno Watch a enregistré plus de 1 000 instances d’attaques depuis 1994, avec une explosion à partir de 2008. Mais là, on a plein de formes d’attaques différentes. Cela peut être des attaques individuelles, des coups et blessures, des magasins détenus par des migrants pillés, brûlés au titre de l’appartenance à une nationalité étrangère.

Qu’est-ce qui déclenche ces violences ?

Probablement, au niveau macro, le contexte de pauvreté et de chômage endémique, avec un sentiment que les migrants sont responsables de cette situation de vie dégradée. Une tendance alimentée en plus par les réseaux sociaux qui amplifient le discours de haine à l’égard des migrants. Les migrants jouent le rôle de bouc émissaire dans ce contexte. (...)

La société civile dans son ensemble se montre soit indifférente au sort des migrants, soit favorable à l’expulsion, notamment des migrants illégaux. Parallèlement, le gouvernement, lui aussi, se montre assez passif face à ces mouvements, voire peut parfois manifester son soutien. (...)

Les attaques touchent tous les migrants, quel que soit leur statut. Cette idée que les migrants voleraient les emplois apparaît infondée au vu des emplois occupés par les migrants. (...)

Il y a un certain nombre d’organisations qui cadrent ces manifestations, ces mouvements. (...)

Au sein de ces mouvements, il y a un certain nombre de figures qui tirent profit de ce contexte antimigrant pour acquérir une certaine stature et se lancer dans la politique. (...)

Cette fois-ci, le gouvernement est réellement critiqué, notamment à l’international, pour son manque d’action, pour son déni de réalité. (...)

Cela permet d’avoir, disons, un coupable facile.

Ces violences ont-elles un impact sur les relations de l’Afrique du Sud avec les pays voisins ?

De plus en plus. Déjà parce que les différents gouvernements du continent africain sont eux-mêmes sous pression de leur opinion publique qui trouve qu’ils ont parfois tardé à réagir aux attaques en Afrique du Sud. (...)