Depuis 2018, l’association Haki za Wanatsa (“les droits des enfants” en shimaoré) recueille les témoignages de victimes et mène des actions de terrain, en dépit des tabous culturels et de la faiblesse des services de l’État.
01e département, Mayotte fait rarement les gros titres de la presse en dehors des sujets d’immigration clandestine ou des catastrophes naturelles, à l’image du cyclone Chido fin 2024 où le bilan officiel - contesté sur place - fait état de 40 décès et 41 disparitions.
On parle beaucoup moins des violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales sur l’île. Pourtant, Mayotte est particulièrement touché par ce fléau, avec un taux d’inceste une fois et demie supérieur aux estimations nationales. Dans ce département où la moitié de la population a moins de 18 ans et où la précarité touche une large proportion de la population, la lutte contre les violences faites aux mineur.e.s est d’autant plus importante, mais les carences institutionnelles sont telles que 45 % des plaintes seraient classées sans suite.
Sur place, tout un réseau d’acteurs s’est organisé depuis plusieurs années pour documenter ces violences, mettre en place des actions et interpeller les pouvoirs publics.
C’est le cas de l’association Haki Za Wanatsa (HZW), rattachée au Collectif CIDE (Commission Internationale des Droits de l’Enfants) regroupant une trentaine d’associations dans tout le pays, qui agit depuis 2018 pour la promotion des droits de l’enfant et des droits des femmes sur l’île. Malgré l’ampleur de ce fléau, des avancées sont à noter.
“Les données existent. Ce qui manque, c’est la volonté politique” (...)
101e département, Mayotte fait rarement les gros titres de la presse en dehors des sujets d’immigration clandestine ou des catastrophes naturelles, à l’image du cyclone Chido fin 2024 où le bilan officiel - contesté sur place - fait état de 40 décès et 41 disparitions.
On parle beaucoup moins des violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales sur l’île. Pourtant, Mayotte est particulièrement touché par ce fléau, avec un taux d’inceste une fois et demie supérieur aux estimations nationales. Dans ce département où la moitié de la population a moins de 18 ans et où la précarité touche une large proportion de la population, la lutte contre les violences faites aux mineur.e.s est d’autant plus importante, mais les carences institutionnelles sont telles que 45 % des plaintes seraient classées sans suite.
Sur place, tout un réseau d’acteurs s’est organisé depuis plusieurs années pour documenter ces violences, mettre en place des actions et interpeller les pouvoirs publics.
C’est le cas de l’association Haki Za Wanatsa (HZW), rattachée au Collectif CIDE (Commission Internationale des Droits de l’Enfants) regroupant une trentaine d’associations dans tout le pays, qui agit depuis 2018 pour la promotion des droits de l’enfant et des droits des femmes sur l’île. Malgré l’ampleur de ce fléau, des avancées sont à noter.
“Les données existent. Ce qui manque, c’est la volonté politique” (...)
Auditionnée à l’Assemblée Nationale par la commission d’enquête parlementaire consacrée au traitement judiciaire de l’inceste en février dernier, la fondatrice de l’association, Lydia Barneoud, a pu exposer des chiffres édifiants, montrant que les problèmes sont identifiés (...)
Malgré des chiffres alarmants et l’insuffisance des services de l’État, l’association se réjouit de réussites dans le département.
Alors que la question de l’inceste et des violences intrafamiliales reste très tabou, une libération de la parole s’est opérée depuis plusieurs années. (...)
Haki Za Wanatsa est également très active dans le milieu scolaire et sur les questions d’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle, une stratégie payante dans le département le plus jeune de France (...)
Autre avancée majeure : la signature d’une charte de l’engagement contre les violences sexuelles faites aux personnes mineures, signée par les représentants les plus importants de l’État dans le département, à savoir : le Préfet, le Vice-président du Conseil départemental, le Recteur, le Président du Tribunal Judiciaire ou encore le Directeur de la Police nationale.
Au-delà du volet En plus de la lutte contre les violences, l’association s’est également saisie des questions de santé mentale chez les jeunes en offrant des outils, dont une cellule de soutien psychologique, ainsi qu’en proposant des projets collectifs et artistiques.
Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons