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Club de Mediapart/ Jean-Marie Laneyrie La contribution d’un économiste atterré.
Des politiques publiques incendiaires
#politiquesPubliques #neoliberalisme #criseSystemique
Article mis en ligne le 15 juillet 2026
dernière modification le 11 juillet 2026

L’Etat social agonise. Il ne peut mobiliser les ressources qui nous permettraient d’éviter tous les chocs qui nous assaillent et pour lesquels la verticalité du pouvoir conduit à l’improvisation la plus totale, aux éléments de langage éculés.

On connaissait l’incapacité de nos défenseurs de l’ordre néolibéral à investir sur le long terme, anticiper et répondre à nos besoins. On en mesure tous les jours un peu plus les conséquences dramatiques. Nous surfons de crises en crises : crise sociale, politique, écologique. Nous vivons depuis 10 ans, voire plus, en situation de crise systémique et nous mesurons de manière encore plus violente leur incapacité, confrontés à la crise, à la gérer, ceux qui se targuent pourtant d’être les virtuoses de la saine gestion.

Alors les forêts brûlent et nous attendons les Canadair. Dès qu’un bruit d’avion retentit , nous regardons le ciel mais en vain. Le roi est nu, les budgets pour remplacer et agrandir le parc de notre aviation ont été rabotés, tout comme les effectifs pour les professionnels de la forêt.

Les raboteurs ont également sévi à l’hôpital, alors que nous avions un système de santé réputé robuste, celui-ci devient chétif, et nous nous émerveillons de le voir passer, une à une, les différentes crises sanitaires, dans l’attente de son effondrement inéluctable lors d’une crise encore plus violente. Ce sont les personnes les plus vulnérables qui sont confrontées en premier lieu à cette insécurité sanitaire, notamment chez les plus âgées. (...)

le grand patronat à la manœuvre s’est servi, mais non pas pour créer de la richesse, des emplois, mais pour simplement s’engraisser, transformant tout sur son passage en actifs à rentabiliser, y compris nos biens communs, l’eau, les réseaux, les routes, les barrages.

Les 1% les plus riches ont fait sécession, nous laissant crever de chaud ou encore de froid, ou de maladie ou encore au travail, ou pire encore de chairs à canon, demain, pour des conflits qui servent le complexe militaro-industriel, l’horizon toujours retenu quand les crises deviennent trop visibles.

Pendant ce temps, le terrain se prête toujours plus aux illusionnistes, héritiers de la waffen-SS, pour récupérer cette colère toujours plus légitime. (...)

le monde de la finance et ses acolytes d’une presse paresseuse, nous donne des leçons sur comment résister au froid et au chaud, comment penser, agir, voter, que sais-je encore.

Il y a urgence à reprendre la main de ce monde laissé aux prédateurs. Si la solidarité, qui se renforce sur les territoires carbonisés, est un levier indispensable, nous devons également reconstruire le Politique. (...)

reconstruire l’édifice mis à mal par ces politiques délétères qui n’avaient pour seul objet sa destruction. La résilience ne peut être la réponse. Il nous faut une issue politique.