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Maroc : 26 nouveaux corps de migrants retrouvés à la frontière algérienne depuis le début de l’année
#Maroc #Algerie #migrants #immigration
Article mis en ligne le 27 mai 2026

Selon un bilan de l’association marocaine des droits de l’Homme, 26 migrants sont décédés entre le Maroc et l’Algérie depuis le début de l’année. Et si l’on englobe les chiffres depuis novembre 2025, ce sont près de 50 migrants qui ont trouvé la mort à cette frontière terrestre. "Du jamais vu", s’inquiète l’association.

Dans la région orientale du Maroc, à la frontière avec l’Algérie, les drames se poursuivent. Selon l’Association marocaine pour les droits de l’Homme (AMDH), 26 corps de migrants ont été retrouvés depuis le début de l’année. Parmi les victimes, d’origine subsahariennes et soudanaises, figurent une femme et un enfant de moins de trois ans, selon un communiqué de l’AMDH.

Toujours selon l’association marocaine, les corps des exilés ont été retrouvés à divers endroits. Quinze corps ont été découverts dans la région de Ras Asfour.

Les onze autres ont été trouvés dans la province de Figuig - six à Aïn Chaïr et cinq à Bouârfa -. Seuls quatre exilés ont été identifiés. La découverte de cadavres de migrants dans cette région désertique du sud du pays est "nouvelle", explique à InfoMigrants Omar Naji, de l’AMDH. (...)

À ce bilan s’ajoute celui de fin 2025, lui aussi conséquent. (...)

Les déplacements de nuit entraînent des chutes sur des routes accidentées et "méconnues" des migrants. L’association évoque "l’impossibilité d’allumer des feux pour se réchauffer", et la présence d’un fossé "profond de 4,5 mètres de large sur 4 mètres de profondeur", côté algérien. (...)

Violences et rançons

Les migrants d’Afrique subsaharienne qui traversent généralement cette frontière depuis l’Algérie pour tenter d’entrer au Maroc et continuer leur chemin vers l’Europe se retrouvent pour beaucoup piégés par des trafiquants. Ils sont kidnappés, rançonnés.

"Les migrants sont séquestrés, mains ligotées, interdits de sortir, torturés après avoir saisis tout ce qu’ils possédaient (argent, téléphone…). Par la suite, chaque migrant est filmé dans cet état de détresse. La vidéo enregistrée est envoyée à sa famille (qui peut être dans le pays d’origine ou en Europe) pour demander une rançon de 500 euros contre sa libération", peut-on lire dans le rapport de l’AMDH.

Les femmes sont elles aussi victimes d’exactions. "Elles subissent d’autres violations par les chefs de ces bandes criminelles qui les exploitent sexuellement pendant des années et bloquent leur projet de migration". (...)