(...) La Cour ne s’est pas prononcée sur la mesure en elle-même mais sur ses effets potentiels, agités par les opposants pour justifier leur demande de suspension.
Un risque "d’effondrement" des services publics, selon les opposantsLa Cour suprême espagnole a décidé, vendredi 22 mai, de ne pas suspendre le décret royal permettant de régulariser un demi-million d’étrangers dans le pays. La haute juridiction avait été saisie par le gouvernement régional de Madrid, dirigé par le Parti populaire (PP, droite), le parti d’extrême droite Vox et trois associations ultra conservatrices (Hazte Oír, Liberté et Justice, et l’Association pour la réconciliation et la vérité historique).
La Cour ne s’est pas prononcée sur la mesure en elle-même mais sur ses effets potentiels, agités par les opposants pour justifier leur demande de suspension.
Un risque "d’effondrement" des services publics, selon les opposants (...)
"Ces personnes résidant en Espagne accédaient déjà à ces droits. Le sujet est de savoir si nous tolérons ou non leur situation de vulnérabilité", a rétorqué l’avocat représentant l’État. (...)
Selon l’exécutif espagnol, cette régularisation permettra aux bénéficiaires d’accéder au "plein exercice des droits reconnus par le système juridique", y compris le travail, qui favorisera non seulement leur intégration, mais augmentera également les cotisations sociales grâce à leur incorporation sur le marché du travail.
Les effets du dernier plan de régularisation en Espagne, en 2005, donnent raison au gouvernement de Pedro Sanchez. D’après une étude menée par Joan Monras, professeur à l’université Pompeu Fabra à Barcelone, les dépenses publiques consacrées à la santé et à l’éducation n’ont pas augmenté de manière significative après le plan de régularisation de cette même année. (...)
Et un rapport de 2023 indique que, jusqu’à cette date, la régularisation de 600 000 immigrants, encouragée en 2005 par le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero, a généré 2,3 milliards d’euros supplémentaires par an, grâce aux cotisations sociales, rapporte le site El Periodico.
Près de 550 000 demandes déposées
Par ailleurs, les requérants, et en première ligne Vox, estiment que cette mesure va provoquer la ruée d’étrangers sur le sol espagnol. "Ici, nous ne parlons pas d’entrée, mais de personnes qui, le 1er janvier 2026, étaient en Espagne et peuvent prouver au moins cinq mois de résidence", a rappelé l’avocat de l’État. (...)
Et sur ce sujet aussi, les précédents plans de régularisation menés en Espagne (entre 1986 et 2005) démontent les arguments des opposants. Ces mesures n’ont en effet pas entraîné d’augmentation significative des arrivées les années suivantes.