Alors qu’un nouveau semestre démarre cette semaine, certains services n’ont pas réussi à pourvoir tous leurs postes. Epuisés, les internes passés par la réanimation évoquent un rythme effréné et une charge psychologique intenable.
Ces six derniers mois, Lucie (1) a enchaîné les semaines de quatre-vingts heures. Parfois même encore plus. Dans le service de réanimation dans lequel elle était en stage, au sein d’un hôpital des Hauts-de-France, la jeune interne en médecine n’a vu que du Covid. Tous les jours, elle jonglait entre la prise en charge des patients gravement malades et les familles auxquelles elle devait, « trop souvent », annoncer des nouvelles dramatiques. « J’étais épuisée. Je n’avais qu’une hâte : changer de stage », admet-elle au bout du fil. Alors, ce lundi, elle a rejoint un bloc opératoire comme anesthésiste. L’occasion pour elle de « souffler », pour la première fois depuis de longs mois.
Comme elle, l’ensemble des internes en médecine de France ont entamé un nouveau semestre le 3 mai. Le moment pour elles et eux de changer de stage, comme cela se fait tous les six mois. Mais cette fois, certains hôpitaux ne sont pas parvenus à pourvoir la totalité de leurs postes d’internes en réanimation (...)