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Rue 89
« On vient finir le travail des nazis » : le « J’accuse » d’un blogueur
Article mis en ligne le 3 juillet 2013
dernière modification le 2 juillet 2013

La police et les médias belges ont-ils tenté d’étouffer une violente agression, purement antisémite, contre une femme à Anvers ? La polémique enfle sur les réseaux sociaux depuis deux jours, poussant les policiers concernés sur la défensive et forçant la presse belge à s’intéresser enfin à l’affaire.

Si les accusations portées contre les policiers sont exactes, il s’agirait d’un scandale inquiétant en Belgique. Voici les versions des uns et des autres. (...)

En mai, un couple marié de lesbiennes, Ruth Sverdloff et Cindy Meul, s’installent dans un appartement à Aartselaar, dans la banlieue sud d’Anvers, un quartier calme. Le lendemain de leur arrivée, elles mettent sur leur porte d’entrée une Mezouzah, objet de culte juif traditionnel censé protéger la maison.

Ruth Sverdloff, ancienne championne de tennis israélienne (1982) est en effet de confession juive. Depuis, chaque soir, entre 1 heure et 4 heures du matin, quatre jeunes belges (les voisins du dessous et ceux d’à côté) frappent à la porte et insistent sur le fait qu’aucun juif ne doit pouvoir habiter cet immeuble. « Juifs puants », auraient-ils hurlé à plusieurs reprises.

Après deux semaines, le couple décide de porter plainte. La police ne bouge pas, le harcèlement continue. Les voisins harceleurs appellent de leur côté la police pour se plaindre des bruits que font Ruth et Cindy. La police rend visite à ces dernières, et leur affirme que tout le voisinage se plaint d’elles.

Le vendredi 24 mai, Ruth se rend chez son dentiste, laissant Cindy Meul seule à l’appartement. A 10 heures 30, le couple de voisins du dessous frappe de nouveau à la porte. Cindy Meule est au téléphone avec sa grand-mère. Elle raccroche, vient ouvrir et s’entend dire : « On vient finir le travail des nazis ». (...)

Le « J’accuse » d’un blogueur

L’essayiste et scénariste Marcel Sel, auteur de « Indignés de Cons », cherche à y voir plus clair. Il ne comprend pas pourquoi la presse israélienne a parlé de cette affaire « en long et en large », alors que la presse belge n’en n’a pas dit un mot, ou presque.

Il relaye sur son blog les questions que se posent les deux femmes :

  • Pourquoi la police n’a pas pris les empreintes dans l’appartement ?
  • Y est-elle même allée ?
  • Pourquoi elle n’a interrogé personne (prenant uniquement la version des agresseurs présumés) ?
  • Pourquoi les policiers n’ont pas établi un PV sur la scène du délit, ou du crime ?

Il s’étonne aussi de la façon biaisée dont les policiers relatent la version des deux femmes, leur version étant pleine de conditionnels et d’incohérences
(...)