Privation de nourriture, enfermement abusif, falsification de documents, actes de violence assimilables à de la torture, non-respect du droit national et international… les témoignages pleuvent et font froid dans le dos. Mais que se passe-t-il vraiment dans les préfabriqués installés, depuis 2017, sur le site de la police aux frontières (PAF) à Menton (Alpes-Maritimes) ? La députée communiste Elsa Faucillon et sa consœur de la France insoumise Danièle Obono ont voulu en avoir le cœur net, en se rendant sur place, respectivement jeudi 14 et vendredi 15 novembre, faisant valoir leur droit de parlementaires à visiter les lieux de privation de liberté. Comme l’eurodéputée Manon Aubry, deux semaines auparavant, les deux élues se sont vu refuser l’entrée dans les lieux.
« Ils cachent des choses et ce qu’ils cachent est moche », dénonce Elsa Faucillon, au soir de sa visite. Elle garde notamment en tête sa rencontre avec une personne libérée vers 9 heures, le matin même, après douze heures d’enfermement. « On ne nous a rien donné à manger. Pas d’eau, pas de nourriture », lui a assuré le jeune exilé. « J’ai également rencontré un mineur de 16 ans, qui leur a déclaré être né en juin 2003, à qui ils ont remis un document mentionnant le 1er janvier 1998 comme jour de naissance, indique la députée. Ils continuent de falsifier les documents. » Ce mineur avait lui aussi passé la nuit enfermé.
Les préfabriqués, espace de mise à l’abri ou lieu de rétention ? (...)
« C’est comme ça toute la journée, assure Agnès, responsable locale de la Coordination d’actions aux frontières intérieures (Cafi). Ils fouillent tous les trains qui arrivent d’Italie et ramènent ici les exilés pour les refouler. » (...)
Police aux Frontières, à Menton : les images de la honte