A l’aube de sa troisième année à la tête de la première puissance mondiale, Donald Trump a (presque) fait le vide autour de lui.
Un à un, en silence ou avec fracas, les poids lourds, les fortes personnalités, les ministres ou conseillers qui tempéraient —un peu— l’impétueux président américain ont été remerciés ou ont claqué la porte.
A force de coups de menton, de décisions prises sans consultations dans une Maison Blanche où règne une forme de chaos permanent, le magnat de l’immobilier s’est isolé, provoquant une inquiétude croissante chez les alliés des Etats-Unis (...)
"Triste jour pour l’Amérique" -
Face à cette avalanche de limogeages et de départs, une partie de la base électorale trumpiste applaudit, estimant que le 45e président des Etats-Unis a trop longtemps été bridé.
Or, c’est un trait commun à la plupart des décisions du milliardaire : sa volonté de parler, à tout prix, en toutes circonstances, à sa base électorale, au nom du respect des promesses de campagne considérées comme sacrosaintes.
"Le retrait de Syrie n’était pas une surprise, je fais campagne sur ce thème depuis des années", a-t-il tweeté pour justifier sa décision sur la Syrie, qui a provoqué la stupeur chez nombre de partenaires de la coalition contre le groupe Etat islamique.
Mais beaucoup d’observateurs pointent le risque que représenterait un président entouré seulement de conseillers louangeurs.
Au printemps, c’est Gary Cohn, ex-banquier de Goldman Sachs au fort tempérament, qui a quitté la Maison Blanche pour être remplacé par Larry Kudlow, chroniqueur économique sur les plateaux de télévision et soutien de la première heure de Donald Trump.
Lors d’une étonnante scène à la Maison Blanche il y a quelques semaines, M. Kudlow, qui dirige désormais le prestigieux National Economic Council (NEC), s’est transformé en animateur d’un genre singulier.
Assis entre le président et sa fille et conseillère Ivanka, il a longuement fait l’éloge de celui qui l’a nommé. (...)
Reste une question lancinante : qui désormais à Washington formulera "des conseils que le président a besoin d’entendre", selon la formule du sénateur républicain Ben Sasse, qui a vu dans le départ de Jim Mattis un "triste jour pour l’Amérique" ?