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De quoi l’affaire Mélenchon est-elle le nom ?
Article mis en ligne le 26 octobre 2018

(...) Dans quelques jours le Brésil sera sans doute dirigé par un homme d’extrême droite violent, raciste, homophobe et misogyne. C’est l’aboutissement d’un processus qui a commencé par la destitution de Dilma Roussef, accusée d’une manœuvre budgétaire assez courante destinée à masquer un déficit, puis par l’élimination de Lula, alors favori des sondages, jugé et emprisonné sous l’accusation de corruption pour un appartement. Il ne s’agit pas de nier que le Brésil est miné par la corruption et la violence, mais le gouvernement de droite qui a remplacé celui de Dilma Roussef est beaucoup plus compromis qu’elle dans des affaires de corruption. La gauche éliminée, la place est libre pour l’extrémisme droitier et les politiques économiques libérales, c’est là l’essentiel.

En Italie, comme dans certains pays d’Europe de l’est, l’extrême droite est déjà au pouvoir. Là il n’a pas été nécessaire d’éliminer une gauche anti-libérale, inexistante.

Jeremy Corbyn, à la tête d’un Labour largement gauchisé pourrait arriver au pouvoir. Il est soumis dans la presse à de violentes et ridicules accusations d’antisémitisme pour une histoire de dépôt de couronne dans un cimetière tunisien.

Bernie Sanders qui avait l’outrecuidance de se dire « socialiste » a été éliminé de la course à la présidence des Etats Unis par l’appareil démocrate. Il avait semble-t-il plus de chances que Clinton de barrer la route à Trump. Aujourd’hui nous assistons impuissants aux multiples dégâts provoqués par ce président. Mais l’essentiel est qu’il déréglemente à tout va et qu’il baisse considérablement les impôts des plus riches.

Pablo Iglesias dirigeant de Podemos et sa compagne ont dû faire face à une campagne de dénigrement délirante pour l’achat d’une maison au moyen d’un prêt courant sur plusieurs décennies.

Ces exemples montrent que chaque fois qu’un courant de gauche anti-libérale devient suffisamment puissant pour être en mesure d’accéder au pouvoir, des manœuvres visant à son élimination sont mises en œuvre. Campagnes médiatiques, instrumentalisation de la justice à partir de faits mineurs ou franchement fantaisistes. Tous ces mouvements et partis politiques ont en commun de vouloir renverser l’évolution qui depuis bientôt quarante ans, accroît les inégalités en laissant s’accumuler d’immenses richesses d’un côté et la précarisation des plus faibles se développer de l’autre. (...)

Les manœuvres évoquées plus haut sont les tentatives de réponse de l’oligarchie au problème insoluble qu’elle rencontre : dans un système démocratique, en principe, un homme = une voix, comment alors imposer un pouvoir qui ne profite qu’à une infime minorité ? Judiciariser, c’est-à-dire instrumentaliser la justice pour tirer parti de toutes les ressources du droit, sortir les enjeux fondamentaux du débat démocratique, imposer des débats piégés comme ceux sur les déficits et la dette, le poids des "charges" et des impôts, le mauvais fonctionnement des services publics provoqué délibérément par les politiques menées, asseoir son pouvoir dans la presse par la prise de contrôle des grands médias par des groupes financiers, jouer sur la peur, créer des boucs émissaires, les migrants les étrangers, les musulmans... et si cela ne suffit pas, ne pas respecter le résultat des votes populaires, ou dernier recours, utiliser l’extrême droite.

Dans cette situation, la gauche radicale a un rôle historique à jouer : construire un mouvement puissant capable de déjouer ces manœuvres, les dénoncer, expliquer sans relâche que d’autres choix politiques sont possibles, rétablir une « démocratie libre et non faussée ». En France aujourd’hui cela ne peut se faire qu’avec la France Insoumise.