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le courrier des Balkans
Croatie, une nouvelle révolution conservatrice ?
Article mis en ligne le 3 août 2013
dernière modification le 2 août 2013

Après des mois de luttes et de polémiques, l’Eglise catholique croate a fini par remporter la victoire : la Cour constitutionnelle a interdit l’enseignement de l’éducation sexuelle à l’école. Une décision qui marque, pour certains observateurs, le retour sur le devant de la scène des milieux les plus conservateurs de la société croate.

L’éducation à la santé, dont l’éducation à la sexualité est l’une des composantes, ne sera pas enseignée jusqu’à nouvel ordre dans les écoles croates. C’est ce qu’a récemment décidé la Cour constitutionnelle, provoquant l’euphorie des opposants à l’introduction de ces modules spécifiques, où la masturbation n’aurait pas été traitée comme une dépravation, ni l’homosexualité comme une maladie… (...)

« Une telle décision résulte certainement de la convergence entre les forces politiques les plus conservatrices et l’Église catholique, qui ont toutes deux pour objectif d’augmenter la natalité en Croatie. En soi, il n’y a aucun mal à vouloir ceci, mais pas à n’importe quel coût. D’autres mesures, économiques et sociales, auraient probablement plus d’effet ».

L’éducation à la santé pourrait être à nouveau introduite à l’école à la condition de suivre la procédure longue et compliquée prévue par les textes de loi. Il faudrait ouvrir un débat public, saisir le Conseil national pour l’éducation et l’instruction, et, enfin, consulter les Conseils des parents, présents dans toutes les écoles – du primaire au supérieur. (...)

les procédures demandées pour l’introduction de l’éducation à la sexualité dans les programmes scolaire n’ont pas été exigées pour l’introduction des cours de religion.

Quand la Cour a été saisie, en 2000, par un citoyen qui demandait si l’introduction de l’enseignement de la religion à l’école était bien constitutionnelle, il lui a fallu trois années pour répondre qu’il « n’est pas de sa juridiction d’évaluer la conformité des contrats que les organes du pouvoir exécutif concluent avec des personnes morales ou physiques ». Derrière cette formulation vague, se cachait une allusion évidente aux accords passés entre la Croatie et le Vatican en 1998, et sur le fondement desquels l’enseignement de la religion a été introduit dans les écoles publiques. (...)

Concomitamment à la décision de la Cour excluant (temporairement ?) l’éducation à la sexualité des écoles publiques, l’association « Au nom des familles », proche de l’Église catholique, annonçait avoir recueilli 700.000 signatures en faveur d’une révision de la Constitution. L’objectif est de constitutionnaliser la définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme – ce qui rendrait plus difficile encore l’adoption d’une loi autorisant le mariage entre deux personnes de même sexe. (...)