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France Bleu
À l’hôpital Avicenne de Bobigny, des soignants attendent toujours le paiement de leurs heures supplémentaires
Article mis en ligne le 11 mars 2021

Avec la crise sanitaire, les soignants de l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) ne comptent plus les heures supplémentaires effectuées depuis un an. Pourtant, certains agents attendent toujours le paiement de ces heures, parfois depuis des mois.

Des dizaines d’heures sup non payées, des milliers d’euros en moins

Malika est infirmière anesthésiste au SAMU 93. Depuis le mois de novembre, elle attend que l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, lui règle ses 35 heures supplémentaires et ce n’est pas faute d’avoir demandé. "Quand je vais au bureau du personnel, en janvier, on me dit que ce sera payé en février, puis en février en mars... tous les mois on me dit que ça sera payé le mois d’après !", déplore-t-elle. "C’est pénible de devoir réclamer son salaire, on ne devrait pas avoir à faire ça".

D’autant moins acceptable qu’elle a l’impression parfois de réaliser des heures sup sous la pression. "On a pas le choix, on est très sollicités, on reçoit des mails pour remplacer à droite ou à gauche.. On se sent un peu harcelés", nous confie Malika. (...)

Sa collègue, Sabrina, infirmière aux urgences depuis une dizaine d’années, attend toujours le paiement de 24 heures supplémentaires, soit plus de 1.000 euros à toucher en théorie. (...)

Ces heures sup majorées à 150%, "effectivement on les fait parce que ça met un peu de beurre dans les épinards, mais on le fait aussi parce qu’on sait que les patients ont besoin de nous", rappelle l’infirmière. (...)

Un sous-effectif chronique au service de gestion selon la CGT

Comment expliquer ces retards de paiement ? Selon Lucie Branco, secrétaire de la CGT Avicenne, le service paie et gestion est en "sous-effectif chronique". Avant la fusion des hôpitaux d’Avicenne à Bobigny, Jean Verdier à Bondy et René-Muret à Sevran en un seul et même groupement hospitalier, chaque établissement avait son propre service administratif. Désormais, un seul et même service s’en occupe pour ces trois hôpitaux qui représentent plus de 3.000 agents. "Il y a quelques temps, on avait encore 12 agents de gestion, aujourd’hui, on a 8 qui sont débordés, épuisés", explique Lucie Branco.

Appel à la grève le 12 mars (...)

Pour alerter sur ce problème d’heures non payées et les effectifs manquants, la CGT a lancé un appel à la grève pour le vendredi 12 mars dans les hôpitaux Avicenne et René-Muret à Sevran. (...)