Depuis samedi 4 juillet, les Iraniens rendent hommage à leur ancien Guide suprême. Six jours de deuil pour Ali Khamenei, tué lors des frappes israélo-américaines de février dernier. Des frappes qui ont déclenché la guerre. RFI vous propose des témoignages rares : ceux de deux Iraniennes francophones, opposées au pouvoir en place, mais qui ont tenu à participer aux funérailles d’Ali Khamenei, par patriotisme. Rencontre avec Sarah et Hoda* au Mosalla, vaste complexe religieux du centre de Téhéran où se tiennent les funérailles de l’ancien Guide suprême.
Une foule immense. Des femmes en tchadors noirs. Des hommes en chemise et pantalon noirs. Ce sont les partisans de la République islamique. Au milieu de cette marée humaine apparaît la chevelure sans voile de Sarah.
« Dans ma famille, tout le monde est opposé à la théocratie. Mais la seule chose qui compte, c’est d’abord l’unité de l’Iran. Entre la haine du système et le patriotisme, le patriotisme l’emporte. »
À ses côtés, Hoda n’aurait raté « ce moment historique pour rien au monde », dit-elle. « Venir ici est un acte politique. On affirme qu’il y a une unité. » (...)
Au Mosalla, Sarah et Hoda n’ont rencontré aucune hostilité. Bien au contraire. Des fidèles heureux de voir que des Iraniennes non religieuses ont, elles aussi, tenu à être présentes. Un moment de communion où, l’espace d’un instant, le patriotisme semble transcender les clivages politiques et religieux.