L’urgence et les règles humanitaires obligent par principe la communauté internationale à se mobiliser, quelles que soient les relations parfois dégradées avec le pays touché par une telle catastrophe. Mais le déploiement d’une aide humanitaire est aussi l’occasion pour les États de jauger leurs relations, d’exposer leurs moyens, voire de séduire, dans un but diplomatique ou stratégique.
(...) Le bilan ne cesse d’augmenter au fur et à mesure que les dégâts sont cartographiés et les populations touchées répertoriées. À l’heure d’écrire ces lignes, 920 morts ont été répertoriés, mais des milliers sont anticipés, au regard du nombre de disparus communiqué par les autorités, soit 50 000 personnes. (...)
Dès la fin des répliques, une course contre la montre s’est engagée pour tenter de retrouver des survivants dans les décombres. Les premières 72 heures étant cruciales, l’aide internationale en matériel, mais surtout l’envoi de secouristes spécialisés et bien équipés sont nécessaires. De nombreux pays ont ainsi immédiatement annoncé leur aide, quelles que soient leurs relations, parfois compliquées, avec le Venezuela.
Selon Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes à la Fondation Jean Jaurès, « on ne pense pas à des facteurs idéologiques, dans ce genre de situation. Il s’agit de venir au secours d’une population. Aucun pays ne se risquerait à être montré du doigt en refusant son aide au Venezuela, d’autant plus que le gouvernement en place aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui de Nicolas Maduro. »
L’urgence d’abord (...)
L’aide internationale s’organise et requerra un « effort collectif massif », a prévenu le responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher. Sur place, le Bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires (Ocha) « coordonne le déploiement rapide » d’équipes de recherche et de sauvetage en milieu urbain.
Des équipes du Chili, de Colombie, du Salvador, d’Italie, du Mexique, de Suisse et des États-Unis sont ainsi déjà arrivées au Venezuela.
« D’autres venues du Royaume-Uni, de République tchèque, d’Équateur, de France, d’Allemagne, de Jordanie, du Qatar, d’Espagne notamment sont en cours de mobilisation », a-t-il ajouté. L’Union européenne s’est également dite « prête à aider le Venezuela ». (...)
La « diplomatie » des pays voisins
Les Pays-Bas, qui ont une frontière maritime avec le Venezuela depuis le territoire de Curaçao, ont aussi annoncé une aide. (...)
Les pays frontaliers sont donc mobilisés. C’est aussi le cas du Brésil. (...)
D’autres pays qui ne sont pas réputés proches du régime de Caracas ont annoncé une aide, comme le chef de l’État argentin Javier Milei. Dans un message écrit, il témoigne de sa solidarité avec le peuple vénézuélien, « en dépit, dit-il, de divergences avec le gouvernement de Caracas ».
Autre annonce, celle du président d’extrême droite chilien José Antonio Kast. (...)
La solidarité, « déclencheur de rapprochement » (...)