Entretien Les vagues de chaleur tuent de manière sélective. Elles ne sont pas des catastrophes naturelles mais des événements sociaux et politiques, explique le sociologue américain Eric Klinenberg.
C’est l’une des vagues de chaleur les plus meurtrières de l’histoire… mais tout le monde ou presque l’a oubliée. Le 13 juillet 1995, Chicago étouffe. La température grimpe, jusqu’à atteindre les 41 °C. Dans les jours qui suivent, la canicule s’étend et provoque la mort de plus de 700 personnes – des victimes majoritairement noires, pauvres et âgées. Le sociologue américain Eric Klinenberg a consacré une longue enquête à ce drame (« Canicule. Chicago, été 1995. Autopsie d’une catastrophe », Editions deux-cent-cinq-Ecole urbaine de Lyon), dans laquelle il dissèque les raisons du désastre. « Chicago 1995, y écrivait-il dans sa conclusion, n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend. »
Alors que la France traverse une canicule historique par sa précocité et sa longueur, avec 49 départements placés ce lundi 22 juin « en vigilance rouge canicule » – un record – nous lui avons demandé si le « déni collectif » qu’il dénonçait dans son livre prévaut toujours. (...)
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– (Editions 205)
Collection “Bouleversements”
Coédition École urbaine de Lyon et Éditions 205
Jeudi 13 juillet 1995, les habitants de Chicago se réveillent ; une journée torride commence, au cours de laquelle la température va atteindre 41 degrés. La vague de chaleur s’étendra bien au–delà des deux jours initialement annoncés par les météorologues. Au cours de la semaine qui suit, plus de sept cents personnes
vont périr. La grande vague de chaleur de Chicago est l’une des plus meurtrières de l’histoire américaine.
Eric Klinenberg entreprend l’“autopsie sociale” d’une métropole, examinant les organes sociaux, politiques et institutionnels de la ville. Il y étudie les raisons de la surmortalité marquée dans certains quartiers, examine comment la municipalité a réagi à la crise et comment les journalistes, les scientifiques et les fonctionnaires ont rapporté et expliqué ces événements.
Combinant des années de travail sur le terrain, des entretiens approfondis et des recherches d’archives, l’auteur découvre qu’un certain nombre de formes surprenantes et inquiétantes de rupture sociale ont contribué aux taux élevés de mortalité. (...)