Face à la hausse des suicides en France, des professionnels de santé, chercheurs et associations ont envoyé, jeudi 9 juillet, une lettre ouverte au gouvernement. Alors que la santé mentale a été désignée « grande cause nationale », la France présente un des taux de suicide annuels les plus élevés d’Europe.
En France, une personne se tue chaque heure. Sur le même laps de temps, 500 autres essaient. Pourtant, ce phénomène reste peu considéré.
Tandis que les macronistes brandissent la santé mentale comme « grande cause nationale », le suicide « constitue la deuxième cause de mortalité chez les 15-25 ans ». Les signataires rapportent une autre inquiétude dans leur lettre : « Le nombre de tentatives de suicide des jeunes femmes a plus que doublé au cours des cinq dernières années. »
Environ 9 000 passages à l’acte par an
De la précarisation des conditions de travail à la hausse des situations d’isolement, en passant par un sexisme et un racisme structurels toujours plus féroces, les causes sont nombreuses. (...)
L’État, lui, « n’est plus au rendez-vous de la prévention ». (...)
Ils affirment que les associations du secteur ont vu leurs moyens diminuer depuis 2024 : « Réduire les moyens de la prévention aujourd’hui, c’est prendre le risque d’en payer le prix social, humain et économique. »
La lettre mentionne la pression qui pèse sur les systèmes d’urgence et sur la psychiatrie. Pour agir sur la situation, ces professionnels demandent le maintien des financements alloués à la prévention du suicide pour les années à venir ainsi qu’une « concertation réelle et structurée » avec les associations, soignants, chercheurs et acteurs de terrain pour construire des politiques publiques efficaces. (...)