Des manifestations monstres pour le logement ont rassemblé samedi 3 octobre des dizaines de milliers de personnes à Madrid et dans de nombreuses villes espagnoles, après le rejet des mesures du gouvernement de Pedro Sanchez, qui pourrait convoquer des élections anticipées pour sortir de la crise.
À Madrid, où un campement rassemble une centaine de militants depuis une semaine sur une place ultra-touristique, plusieurs cortèges, marchant derrière une large banderole « Vers la grève générale », ont convergé vers une autre vaste place du centre-ville. Quelque 70 000 personnes, selon les autorités, à 500 000, selon le syndicat des locataires, ont défilé dans la capitale espagnole.
« C’est maintenant que commence la vraie politique, la politique qui a toujours appartenu au peuple et qui revient une bonne fois pour toutes dans les rues », a-t-elle ajouté. « Et pour y parvenir, pour y parvenir par la base, pour parvenir par la base à en finir avec le business du logement, nous voulons récupérer cet outil historique qu’ont toujours utilisé les gens qui travaillent pour transformer la réalité : la grève générale. » (...)
Parmi les manifestants, la porte-parole Valeria Racu assure qu’une semaine d’indignation populaire a eu plus de poids que huit ans d’un gouvernement progressiste, et ce, en référence au chef du gouvernement Pedro Sanchez. Clairement, les manifestants se disent prêts à aller jusqu’au bout, jusqu’à la grève générale. Une colère que Pedro Sanchez, justement, va prendre en compte alors qu’il doit décider d’ici peu s’il convoque ou non des élections législatives anticipées. (...)
Le rejet des textes portés par le gouvernement, vendredi 2 octobre, a relancé les interrogations sur la fin de la législature, prévue en 2027 (...)
Dans l’hémicycle, Pedro Sanchez a cherché vendredi jusqu’au bout à obtenir une majorité, sans succès : le Parti populaire (droite), Vox (extrême droite) et Junts (indépendantiste catalan) ont voté contre les deux textes du gouvernement. (...)
Maricarmen Abascal, symbole de la crise du logement
La crise actuelle a été déclenchée par l’expulsion, la semaine dernière, de Maricarmen Abascal, une Madrilène de 87 ans, chassée de l’appartement dans lequel elle vivait depuis sept décennies, après que la société immobilière qui l’avait acheté a voulu augmenter son loyer de 275 %.
Comme dans de nombreuses capitales européennes, le manque de logements abordables est l’un des principaux problèmes sociaux en Espagne, où les plateformes touristiques comme Airbnb et les fonds d’investissement sont accusés de faire flamber les prix en achetant des biens immobiliers et en réduisant l’offre pour les habitants. D’après la Banque d’Espagne, le pays, où vivent quelque 50 millions d’habitants, compte un déficit de 700 000 logements.