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RFI
Exécution ratée de Christa Pike aux États-Unis : un fiasco qui ravive de nombreuses questions
#USA #peinedeMort
Article mis en ligne le 2 octobre 2026

L’exécution programmée de Christa Pike dans le Tennessee, mercredi 30 septembre, a viré au désastre. De quoi relancer le débat sur la peine de mort.

Elle devait être la première femme exécutée dans le Tennessee depuis 1820. Une heure avant l’horaire prévu, une cour d’appel fédérale avait ordonné la suspension de la peine, le temps d’examiner la recevabilité d’un nouveau recours de la défense. Un sursis annulé quelques heures plus tard par la Cour suprême. Christa Pike, condamnée à mort en 1995 pour le meurtre d’une étudiante, a finalement survécu à deux injections de pentobarbital censées la tuer. Elle est désormais hospitalisée, « dans un état critique » selon les déclarations de son avocat, Me Randy Spivey, jeudi 1er octobre.

Le gouverneur du Tennessee a annoncé la suspension des exécutions prévues cette année et ordonné l’ouverture d’une enquête. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a appelé les autorités locales à renoncer à toute nouvelle tentative d’exécuter la sentence. Ce cas « met en lumière plusieurs raisons pour lesquelles la peine de mort devrait être abolie », a-t-il écrit sur X.

Plusieurs ratés

L’injection létale, longtemps présentée comme la méthode d’exécution « la plus douce », est aujourd’hui celle privilégiée aux États-Unis. Et cela malgré plusieurs ratés. Avant Christa Pike, sept personnes y avaient réchappé, à chaque fois parce que le bourreau n’avait pas trouvé de veine à percer. En mai dernier, dans le Tennessee déjà, l’exécution d’un condamné à mort avait été suspendue après plus d’une heure à chercher où injecter le produit létal.

Se pose aussi la question de sa disponibilité ou encore celle de la personne qui l’administre – l’Ordre des médecins l’interdit. Quatre des 27 États qui pratiquent encore la peine de mort ont ainsi suspendu toutes les exécutions, invoquant des préoccupations d’ordre moral et logistique, relève la radio publique NPR. Parmi elles, l’impossibilité d’obtenir les médicaments nécessaires en raison du refus des sociétés pharmaceutiques de les leur vendre à cette fin. (...)

Des décennies dans le couloir de la mort

Dans le couloir de la mort depuis 31 ans, Christa Pike est loin d’être un cas exceptionnel. La multiplication des recours et la lenteur des tribunaux peuvent étirer pendant des décennies cette période d’isolement total passée à attendre une exécution qui, parfois, ne vient jamais. En témoigne l’exemple de Francis Clifford Smith, condamné à la peine capitale en 1950 et décédé de mort naturelle en août à l’âge de 101 ans, après avoir échappé à son exécution à huit reprises en raison de doutes sur sa culpabilité.

Autre exemple, à l’issue plus l’heureuse : celui de Douglas Carter. Condamné pour meurtre, il a été libéré lundi 30 septembre d’une prison de l’Utah après que des tests ADN ont confirmé son innocence. Il était resté 37 ans dans le couloir de la mort. (...)

le sujet est éminemment politique, entre un parti républicain traditionnellement favorable à la peine de mort et un parti démocrate officiellement abolitionniste. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche s’est traduit par une augmentation des exécutions (...)

L’Alabama, l’Oklahoma ou encore l’Indiana ont ainsi repris les exécutions après les avoir suspendues pendant des années. La Californie, où un moratoire est en vigueur depuis sept ans, pourrait suivre la même voie en cas de victoire du républicain Steve Hilton pour le poste de gouverneur lors des élections de mi-mandat. Il en va de même dans l’Ohio, où le gouverneur républicain Mike DeWine, partisan de l’abolition, laisse sa place après deux mandats successifs. Sept exécutions sont encore programmées aux États-Unis d’ici la fin de l’année.