Avec l’étude "Rés0pest", l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) a fait "le choix d’une rupture drastique avec le système conventionnel en cultivant sans aucun pesticide, mais sans passer en agriculture biologique, puisqu’on a conservé un apport d’engrais minéraux", explique le chercheur Jean-Noël Aubertot, initiateur du projet.
(...) L’idée pour lui "n’est pas de dire : voilà le bon modèle agricole pour toute la planète, mais de voir ce qui peut fonctionner" en respectant mieux la nature et ses limites, l’environnement et la santé. "Seule la recherche publique pouvait prendre ces risques" sur différents systèmes (grandes cultures et polyculture-élevage) sur dix ans, ajoute-t-il. (...)
Les systèmes de grandes cultures évalués sont rentables : ils permettent de dégager entre un et trois Smic - le salaire minimum en France, environ 1.870 bruts par mois - par exploitant, au moins deux dans 80% des cas, selon l’étude. (...)
Services écosystémiques
Pour favoriser les prédateurs d’insectes vecteurs de maladies, les parcelles sont associées à des bandes fleuries où cohabitent 22 espèces dont coquelicots, phacélies et bleuets, qui fournissent toute l’année gîte et couvert à une série d’auxiliaires de cultures.
Dans le champ, sont visibles des syrphes, dont les larves se nourrissent de pucerons. Dans les airs, un rapace s’apprête à plonger sur un campagnol. Mais passer d’un indice de fréquence de traitement (IFT) de pesticides de 16 pour la pomme de terre ou de 6 pour le blé à zéro n’a pas été sans conséquences.
La principale difficulté a été de faire face aux plantes adventices ou "mauvaises herbes", qui concurrencent les cultures. Plusieurs leviers ont été actionnés, dont l’allongement des rotations ou l’utilisation d’outils de désherbage mécanique et si besoin un peu de labour. Des changements culturaux ont été engagés, comme le décalage des calendriers de semis.
Pour les chercheurs, la baisse de rendement est compensée par les services écosystémiques rendus par ces systèmes.
Et pour réellement mesurer leur performance économique, souligne Jean-Noël Aubertot, il faudrait prendre en compte l’amélioration de la santé des sols, la biodiversité retrouvée, l’absence de coûts liés à la dépollution de l’eau et les coûts de santé publique.(...)
Les systèmes de grandes cultures évalués sont rentables : ils permettent de dégager entre un et trois Smic - le salaire minimum en France, environ 1.870 bruts par mois - par exploitant, au moins deux dans 80% des cas, selon l’étude. (...)
Services écosystémiques
Pour favoriser les prédateurs d’insectes vecteurs de maladies, les parcelles sont associées à des bandes fleuries où cohabitent 22 espèces dont coquelicots, phacélies et bleuets, qui fournissent toute l’année gîte et couvert à une série d’auxiliaires de cultures.
Dans le champ, sont visibles des syrphes, dont les larves se nourrissent de pucerons. Dans les airs, un rapace s’apprête à plonger sur un campagnol. Mais passer d’un indice de fréquence de traitement (IFT) de pesticides de 16 pour la pomme de terre ou de 6 pour le blé à zéro n’a pas été sans conséquences.
La principale difficulté a été de faire face aux plantes adventices ou "mauvaises herbes", qui concurrencent les cultures. Plusieurs leviers ont été actionnés, dont l’allongement des rotations ou l’utilisation d’outils de désherbage mécanique et si besoin un peu de labour. Des changements culturaux ont été engagés, comme le décalage des calendriers de semis.
Pour les chercheurs, la baisse de rendement est compensée par les services écosystémiques rendus par ces systèmes.
Et pour réellement mesurer leur performance économique, souligne Jean-Noël Aubertot, il faudrait prendre en compte l’amélioration de la santé des sols, la biodiversité retrouvée, l’absence de coûts liés à la dépollution de l’eau et les coûts de santé publique.