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RFI
« Voilà où on en est, les bateaux sont à quai » : du Pérou au Guatemala, El Niño fait déjà des dégâts
#urgenceClimatique #ElNino #océans
Article mis en ligne le 8 septembre 2026

Ce phénomène de réchauffement océanique, qui a fait son retour dans le Pacifique, s’annonce parmi les quatre plus intenses en 70 ans. Son pic d’intensité est prévu en fin d’année. Il conjugue ses effets au réchauffement climatique d’origine humaine, sécheresses et inondations extrêmes, ce qui bouleverse l’alimentation mondiale. En Amérique latine, où il naît, les pêcheurs péruviens, vigies d’El Niño, et les agriculteurs en souffrent déjà.

Le retour du phénomène climatique, « l’enfant terrible » du Pacifique, qui naît dans cette zone, est signalé depuis le printemps par les climatologues. Seule son intensité restait incertaine, mais elle ne cesse de se confirmer. El Niño, qui survient tous les deux à sept ans, combine un réchauffement des eaux (jusqu’à environ 300 m de profondeur) le long de l’Équateur à un changement de régime des vents et de la pression atmosphérique. Ses effets se propagent autour du globe et provoque des évènements météo variables selon les régions : sécheresse ou inondations, chaleur très élevée et ouragans plus nombreux et plus forts. (...)

Une chute vertigineuse des prises

Les pêcheurs péruviens sont la sentinelle de ce phénomène océano-climatique. Ils ont été les premiers, il y a longtemps, à remarquer une pêche moins fructueuse lors du réchauffement des eaux au large de leur pays, en décembre, temps du Noël chrétien, la naissance de « l’Enfant » (El Niño) Jésus.

Au Pérou, l’Institut de la mer (Imarpe) a récemment signalé des températures pouvant aller jusqu’à 6°C au-dessus de la normale dans certaines zones marines. Les poissons sont sensibles à la moindre variation de température. (...)

Pour les pêcheurs, c’est une véritable catastrophe. L’emploi et l’économie sont impactés. Environ 8000 pêcheurs industriels sont enregistrés et cette activité génère également des milliers d’emplois à terre. La pêche à l’anchois subit un « coup très dur », a confirmé la semaine dernière Jessica Luna, la présidente de la Société nationale de la pêche. Dans des conditions normales, une deuxième saison de pêche commencerait en novembre. Mais elle est désormais incertaine, explique la représentante des industriels de la filière (...)

Super Niño (...)

« El Niño s’est solidement installé et va devenir un phénomène de très forte intensité dans les mois à venir », déclarait jeudi 3 septembre Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM dans une conférence de presse. Le pic d’intensité est attendu en décembre.

« Ces prévisions indiquent une probabilité exceptionnellement élevée, proche de 100 %, que le phénomène El Niño se maintienne jusqu’en février 2027. (...)

La chaleur et la sécheresse prédominent en Amérique centrale, dans les Caraïbes et dans le nord de la Colombie et du Venezuela, avec un déficit hydrique particulièrement grave dans le corridor sec d’Amérique centrale. Au Panama, les autorités du canal de Panama ont réduit le trafic maritime en raison du manque de précipitations, ce qui influe sur le rythme du transport mondial de marchandises.

À l’inverse, les fortes pluies et les inondations sont fréquentes le long des côtes pacifiques de l’Équateur et du Pérou, dans le centre du Chili et dans le sud du Brésil, en Uruguay, au Paraguay et dans le nord de l’Argentine. En juillet, ces pays ont été touchés par des tempêtes et des pluies intenses. (...)

Bien qu’il soit difficile de prévoir avec précision l’ampleur des catastrophes, l’agence météorologique des Nations unies demande aux autorités des pays de se préparer. (...)

Dans une note parue fin juillet, l’Organisation internationale du travail (OIT) prévenait « du défi majeur pour l’emploi » posé par El Niño 2026-27 en Amérique latine, où des pans entiers des économies nationales sont informels. (...)

peu de secteurs peuvent échapper aux conséquences d’un climat détraqué. Enfin, il peut « accroître le risque de travail des enfants dans les ménages les plus vulnérables en raison de la dégradation de leurs moyens de subsistance ».

Mais des alertes scientifiques sur le climat à la réaction politique dans l’adaptation, il y a souvent un gouffre. Si le nombre de décès tend à diminuer grâce à la prévention, les coûts se chiffrent encore en milliards de dollars. (...)

Au Guatemala, des pertes de récoltes massives et généralisées (...)

Une inflation sur les denrées, des migrations recensées (...)