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RFI
Liban : les crises et les guerres mettent à genou le secteur de l’éducation
#guerreAuMoyenOiban #éducation #culture
Article mis en ligne le 8 septembre 2026

La succession de crises et de guerres qui ont frappé le Liban ces dernières années ont fini par avoir raison du secteur de l’éducation publique, qui a fait la fierté du pays pendant des décennies.

« La génération perdue : le coût de la guerre et des crises sur l’éducation des enfants au Liban », l’étude indique que 250 000 élèves, soit près du quart des enfants scolarisés au Liban, ont été privés d’enseignement ou fortement affectés par les crises, les guerres, les déplacements et la fermeture des établissements.

La situation a atteint une telle gravité qu’un rapport préparé en juin par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, avec l’appui technique de l’Unicef, affirme que 100 000 enfants risquent d’être privés d’école à la rentrée si des travaux urgents de réhabilitation ne sont pas engagés (avant le mois de septembre) dans des dizaines d’établissements. (...)

« Un faisceau de circonstances défavorables »

Ces données sont confirmées à RFI par le directeur d’une école secondaire (lycée) du Metn, à l’est de Beyrouth, qui évoque une « baisse générale du niveau de l’enseignement en raison d’un faisceau de circonstances défavorables ».

« Le déclin a commencé avec la crise économique de 2019, s’est confirmé avec l’enseignement en ligne imposé par la pandémie de Covid-19, s’est aggravé après l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020, puis s’est accentué avec les guerres de 2023-2024 et de 2026 », a expliqué le directeur qui a requis l’anonymat en raison d’une consigne de retenue imposée par le ministère.

« La transformation d’une grande partie des écoles étatiques en centres d’hébergement pour les déplacés de la guerre a fini par saper la confiance dans l’enseignement public », poursuit-il. (...)

Le rapport publié en juin par le ministère de l’Éducation avec le soutien de l’Unicef indique que 340 établissements scolaires – publics, privés ainsi que des Instituts d’enseignement technique et professionnel – ont subi des dommages pendant les deux dernières guerres (2023-2024 et 2026), dont 17 ont été entièrement détruits.

La région la plus touchée est le sud du Liban, plus particulièrement le district de Nabatiyé.

La succession de malheurs qui ont frappé le Liban ces sept dernières années ont donc mis à genou le secteur de l’éducation, qui a offert pendant des décennies à la jeunesse libanaise une formation solide de haut niveau lui permettant de poursuivre des études supérieures dans les plus prestigieuses universités du monde.

Des dizaines de milliers d’élèves accumulent désormais des retards difficilement rattrapables dans des compétences de base. (...)

Des années scolaires largement amputées (...)

Un autre principal problème réside dans le vieillissement du corps enseignant, dont la moyenne d’âge s’élève à 57 ans, les jeunes étant peu incités à faire carrière dans le secteur public en raison des faibles salaires.

Le secteur privé payant, où sont scolarisés près de 58% des élèves, soit 600 000 enfants, est relativement moins affecté par la succession de crises qui ont frappé le Liban depuis 2019. (...)

une éducation à deux vitesses est en train de prendre racine au Liban, où les plus nantis bénéficieront de davantage d’opportunités que les moins aisés, ce qui risque de creuser encore plus le fossé social et économique dans le pays. (...)