Donald Trump a annoncé le « plus grand deal de l’histoire du pétrole » avec le Venezuela, un investissement de près de 100 milliards d’euros. En plus de constituer une bombe climatique, cet accord nourrit une politique impérialiste.
Le plan suit son cours. Près de neuf mois après l’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis, Donald Trump poursuit son offensive pour s’emparer des réserves de pétrole du Venezuela, les plus importantes de la planète.
Vendredi 28 août, il a annoncé avoir conclu « le plus grand deal de l’histoire du pétrole » avec Caracas. Celui-ci doit permettre aux États-Unis de prendre le contrôle majoritaire de l’équivalent de 65 milliards de barils de pétrole brut, soit environ 20 % des réserves du pays.
Une heure plus tard, Delcy Rodriguez, la présidente par intérim du Venezuela, confirmait cet « accord historique » (...)
Bombe climatique et impérialisme
Si cet accord était mené à son terme, il constituerait une bombe climatique. Le possible retour des majors pétrolières étasuniennes sur ces gisements aujourd’hui sous-exploités pourrait libérer des millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. D’autant que l’Agence internationale de l’énergie avertit depuis 2021 qu’aucun nouveau gisement de pétrole et de gaz ne doit être exploité afin de contenir le réchauffement global dans la limite de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Avec cette nouvelle étape, Donald Trump franchit donc un pas de plus dans sa politique d’impérialisme fossile. (...)
« Donald Trump fait exactement ce qu’il avait annoncé en janvier : “Extraire du Venezuela une quantité colossale de richesses.” C’est cohérent, abonde Matthieu Auzanneau, ex-directeur du Shift Project et coauteur de Pétrole, le déclin est proche (Seuil, 2021). C’est un impérialisme à l’ancienne qui ne s’excuse pas, et même s’en enorgueillit. »
Il voit dans la stratégie de Donald Trump un retour à la « diplomatie de la canonnière », une tactique utilisée par les empires coloniaux jusqu’à la Première Guerre mondiale. Le principe : exercer une pression militaire, comme envoyer des navires de guerre au large d’un territoire, afin d’imposer un rapport de force avant de négocier. (...)
« Trump ne se contente pas de nier la crise climatique, mais l’accélère au nom du profit » (...)
La question démocratique, elle, est tout simplement absente du plan de Donald Trump. « L’accord ne prévoit aucun changement politique, la transition démocratique n’est absolument pas dans l’intérêt des États-Unis ni dans celui du gouvernement par intérim, dit-elle. La seule priorité c’est garantir les intérêts américains. »