Le spectacle médiatique et parlementaire s’accélère, et son odeur devient suffocante. Sur tous les plateaux télévisés, du public au privé, les machines à sonder tournent à plein régime pour asséner quotidiennement leurs verdicts fabriqués. Des pourcentages artificiels, des questions fermées et biaisées, une mise en scène pseudo-scientifique : tout est pensé pour infantiliser la population, lui faire croire que ses désirs sont déjà tranchés et neutraliser tout élan d’auto-organisation.
Ce matraquage n’a rien d’un exercice démocratique.
(...)Dans son ouvrage Les Irresponsables : qui a porté Hitler au pouvoir ?, l’historien Johann Chapoutot rappelle une réalité politique cruciale : le fascisme et le nazisme ne prennent pas le pouvoir par la seule force des urnes ou des armes. Ils y sont portés par une droite libérale et conservatrice, un centre technocratique, incapable de maintenir ses privilèges sans s’allier à la brutalité fasciste. Les élites d’alors préféraient la barbarie brune au risque de la transformation sociale.
C’est exactement la trajectoire que poursuit notre « bloc central » : un cynisme de classe qui prépare le terrain au fascisme tout en prétendant s’en protéger.
La preuve la plus abjecte de cette compromission s’est étalée sous nos yeux dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale : l’observation d’une minute de silence pour un militant d’extrême droite, admirateur assumé d’Adolf Hitler.
Voir l’intégralité des partis politiques représentés se lever et se taire à cette occasion marque une rupture historique effrayante. En acceptant ce rituel d’hommage sous couvert de « respectabilité » républicaine, la gauche institutionnelle s’est une fois de plus couchée devant le chantage de la droite et de l’extrême droite. Elle a montré son incapacité radicale à opposer une rupture nette face au rouleau compresseur fascisant.
L’État, la propriété privée et les partis du Capital se serrent les coudes. Les sondages truqués cherchent à nous faire croire à l’inéluctabilité de cette dérive, tandis que les institutions légitiment les héritiers du nazisme. (...)