Dates de naissances, adresses mail, numéros de téléphone, affectation, grade et identifiants de connexion… Pas moins de 43 gigaoctets de données ont été volés au ministère de l’Éducation nationale, répartis dans les 20 dernières années d’archives scolaires. Le Ministère a confirmé la fuite de millions de données de personnels et d’élèves à la suite d’une cyberattaque qui a eu lieu en juillet 2026. (...)
Le 23 août 2026, le Syndicat des Directrices et directeurs d’Ecole a écrit au ministre pour dénoncer leur difficulté à préparer la rentrée sereinement « faute d’accès continu aux outils numériques de l’Education nationale notamment à partir du 15 août » en soulignant une situation aggravée cette année suite au piratage. « Cet été, c’est encore pire« , écrivent-ils, » la plateforme ONDE est en effet inaccessible depuis plusieurs semaines, tout comme les messageries professionnelles« . Le syndicat poursuit : « ces incidents à répétition, survenant précisément durant les périodes où les services de veille et de support sont réduits, jettent un doute légitime sur la robustesse des systèmes qui hébergent des informations sensibles concernant nos collègues. Les directrices et directeurs, souvent en première ligne pour rassurer leurs équipes, ne peuvent se satisfaire d’un silence sur l’ampleur réelle de ces failles ni sur les mesures prises pour les combler durablement« .
Le ministère a reconnu une intrusion fin juillet et met en garde à des campagne d’hameçonnage et d’usurpations d’identité. Les personnels sont invités à changer leurs mots de passe, activer la double authentification et se méfier des messages suspects (...)
« Il n’est pas acceptable que les administrations soient si en retard »
Pour la FSU, c’est « une légèreté coupable ! ». Dans un communiqué de presse, elle dénonce le 3e piratage connu. « La CNIL constate un doublement de la part des fuites de données du secteur public en deux ans, une hausse qu’elle attribue notamment à un manque de moyens alloués à la sécurisation des systèmes d’informations » explique l’organisation syndicale. (...)
« Comment l’État peut-il demander aux personnels, aux élèves et aux familles de faire confiance aux outils numériques de l’Éducation nationale lorsque leurs données les plus personnelles sont ainsi exposées ? » demande la FNEC-FP FO 53, poursuivant « Si les hackers sont responsables de l’attaque, cela ne dispense en rien l’État et le gouvernement de leurs responsabilités ».
Pour le Snes-FSU, « la confiance envers l’Etat ne se restaurera qu’avec des actes et des investissements rapides en matière de sécurisation mais aussi sur l’information et l’accompagnement des personnes concernées ».