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Afflux massif à Ceuta : des centaines de migrants subsahariens regroupés sur une plage de l’enclave espèrent demander l’asile
#Ceuta #Espagne #Maroc #migrants #immigration #AfriqueSubSaharienne
Article mis en ligne le 5 août 2026
dernière modification le 4 août 2026

Ils viennent du Soudan, du Mali, du Sénégal, de Somalie ou encore de Côte d’Ivoire et ils ont profité de l’afflux massif de migrants vers Ceuta la semaine dernière pour entrer dans l’enclave espagnole. Contrairement aux migrants marocains renvoyés dans leur pays, ces exilés d’Afrique subsaharienne n’ont, pour l’heure, pas été expulsés. Ils ont été regroupés sur la plage de Trampolín, au nord de l’enclave, et disent souffrir de la faim.

Déambulant dans la ville ou dormant autour du seul centre d’accueil de l’île, le CETI, ces migrants africains ont finalement été rassemblés, dimanche 2 août, par les forces de l’ordre espagnoles vers la plage de Trampolín, la plus proche du CETI - saturé.

Ils seraient 500, selon le média espagnol La hora de la 1, sur le sable, face à la mer. Et "leur situation est très précaire", explique le correspondant espagnol sur place. (...)

Contrairement aux migrants marocains, qui ont été presque tous renvoyés au Maroc, les migrants venus d’Afrique subsaharienne ne sont pas expulsables - même s’ils craignent d’être repoussés à terme. Ces Maliens, Ivoiriens, et autres exilés, passés par le Maroc, souhaitent désormais déposer une demande d’asile en Europe.

Ibrahim, un Soudanais de 16 ans, a saisi l’opportunité de passer à Ceuta jeudi dernier. "Nous cherchons la sécurité", a-t-il dit à la presse espagnole. "Je ne veux pas retourner au Maroc. J’ai marché si loin depuis le Soudan. Ils vont nous arrêter là-bas". (...)

Selon Médiapart, ces exilés "survivent comme ils le peuvent [sur la plage]. Ils disent ne pas pouvoir accéder aux supermarchés, dont on leur refuse l’entrée." Beaucoup se plaignent d’avoir faim. Sur les photos de l’agence de presse Reuters, des dizaines d’entre eux patientent, le 3 août, pour recevoir un peu d’eau de la part de la Croix-Rouge espagnole et de la nourriture. (...)

Certains de ces exilés présents sur la plage de Trampolín ont entamé une manifestation lundi 3 août pour réclamer leur prise en charge - au titre de l’asile. "Cette manifestation a pris fin en quelques minutes, car [les exilés] affirmaient avoir faim et avoir utilisé le peu de forces qui leur restait pour demander l’asile dans le pays", écrit le media ABC Diaro sur instagram. (...)

Ces arrivées d’Africains subsahariens n’ont rien d’inédites. Depuis des années, de nombreux exilés du continent africain tentent d’entrer dans la petite enclave espagnole de 18 km² pour atteindre l’Europe. Ceuta, avec Melilla, constituent les deux seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique. (...)

Ceux qui arrivent à pénétrer dans l’enclave peuvent tout de suite prétendre à l’asile. Madrid organise des transferts de ces demandeurs d’une protection internationale depuis Ceuta jusqu’à la péninsule. Mais, depuis des années, les départs se font au compte-gouttes. Pour quitter l’enclave espagnole, les demandeurs d’asile doivent remplir deux conditions : avoir un passeport et obtenir une "tarjeta roja" (carte rouge, sorte de laissez-passer vers le continent). Ce qui est loin d’être évident.

La double clôture de Ceuta (...)