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RFI
Birmanie : Aung San Suu Kyi a reçu la visite de la Croix-Rouge pour la première fois en cinq ans
#Birmanie #droitsHumains
Article mis en ligne le 4 août 2026

Pour la première fois depuis le coup d’État de 2021 et sa détention, l’opposante assignée à résidence et Prix Nobel de la Paix a reçu ce lundi en détention la visite d’un responsable étranger de la Croix-Rouge internationale. Elle intervient alors que le gouvernement, soutenu par les militaires, cherche à normaliser ses relations avec ses voisins d’Asie du Sud-Est.

« La première évolution positive en cinq ans. » C’est ainsi que le fils de l’ancienne dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a évoqué la rencontre publique entre sa mère et un représentant de la Croix-Rouge internationale.

Des photos publiées par le gouvernement birman montrent Aung San Suu Kyi en compagnie du représentant en Birmanie de la Croix-Rouge internationale, Arnaud de Baecque. Le CICR a confirmé cette rencontre dans le cadre d’une visite de détention – dont les observations sont, il le rappelle, strictement confidentielles et réservées aux autorités. La Croix-Rouge indique par ailleurs qu’une telle rencontre permet de rétablir les liens entre les détenus et leur famille. (...)

Aucun organisme médical indépendant n’avait pu accéder jusque-là au lieu tenu secret où l’ancienne dirigeante birmane se trouve assignée à résidence. Elle n’a fait aucune apparition publique depuis le coup d’État qui a renversé son gouvernement en février 2021.

De son côté, le président et ancien chef de la junte birmane multiplie les visites diplomatiques dans la région. Cette semaine, il se rend à Bangkok. Le chef de la diplomatie thaïlandaise avait réclamé à Rangoun un accès direct à Aung San Suu Kyi, lors du dernier sommet de l’Asean.

Le calendrier n’est pas anodin, explique l’argentin Tomás Ojea Quintana, rapporteur de l’ONU pour les droits de l’homme en Birmanie jusqu’en 2014. « Pour la Birmanie, c’est une forme de marchandage. Elle autorise la Croix-Rouge à s’entretenir avec Aung San Suu Kyi – uniquement à s’entretenir –, en échange, elle obtient un semblant de légitimité internationale. C’est un jeu bien connu, qui ne fonctionnera pas : ce qu’il faut, c’est une libération massive des prisonniers politiques. Cette visite ne suffit en aucun cas à affirmer que le gouvernement birman va commencer à respecter les droits de l’homme ».