Contrats précaires, baisse des budgets, législation défavorable, pressions sur les délais… Des collectifs d’archéologues alertent sur la crise que connaît leur métier, malgré son importance pour notre patrimoine et notre histoire.
En résumé :
- L’archéologie dite préventive a permis de nombreuses découvertes, comme un campement de chasseurs-cueilleurs vieux de 12 000 ans sur le chantier du Grand Paris Express ou la tombe d’un prince celte à Lavau (Aube).
- Ce système d’archéologie préventive en France « est reconnu comme le meilleur au niveau mondial ».
- Pourtant, ces fouilles archéologiques sont désormais menacées par de nouvelles dérogations qui exonèrent les chantiers considérés comme des « projets d’intérêt national majeurs ».
- Mais aussi par la baisse des moyens dédiés à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), l’organisme public dépendant du ministère de la Culture qui réalise les diagnostics et les fouilles éventuelles.
- Les effectifs des archéologues ne cessent de baisser, leur rémunération reste faible (autour du Smic pendant les dix premières années) et leurs contrats sont souvent en CDD, à la mission.
- Face à cette situation, des collectifs et mouvements émergent pour défendre l’archéologie préventive et inverser le cours des choses.
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Le privé s’engouffre dans cette « crise » du secteur, encouragé à produire des réponses de plus en plus agressives aux appels d’offres des chantiers de fouilles. « C’est une guerre commerciale qui se met en œuvre », soupire Sebastien*, anciennement à l’Inrap et aujourd’hui en recherche d’emploi. Une guerre qui se joue aussi devant les tribunaux : Éveha, le principal opérateur privé, a porté plainte contre l’Inrap auprès de la justice française et a saisi la Commission européenne. L’entreprise tente de casser le monopole public sur la phase de diagnostic, afin de l’ouvrir à la concurrence privée, comme c’est déjà le cas pour la phase des fouilles.
Les inspections générales des finances et des affaires culturelles ont réalisé un audit de l’Inrap en début d’année. Alors qu’il devait se clôturer en mars, leurs conclusions n’ont pas été rendues publiques. Ce qui renforce l’inquiétude des archéologues.