24 octobre Acte II
L’appel · samedi 24 octobre · Acte II
Macron doit partir et laisser la place au peuple !
Macron parle de colère et de honte. Nous les lui retournons.
Le samedi 17 octobre, nous étions 800 000 dans les rues, sur les ronds-points, devant les stations-service, aux péages, les dépôts et les raffineries : plus de 1 700 actions partout en France. Gilets jaunes, lycéen·nes, étudiant·es, paysan·nes, pompier·es, ouvrier·es, profs, soignant·es, défenseur·euses du climat, habitant·es des quartiers populaires, retraité·es : un arc-en-ciel des colères s’est levé pour réclamer d’une même voix démocratie, dignité et justice.
Dimanche 18 octobre, à 20 h, le président de la République a répondu à 800 000 personnes par les préfets. Il parle de « factieux » et de « délinquants ». Il annonce que les préfets pourront « interdire certains rassemblements ». Bruno Retailleau réclame déjà l’état d’urgence.
« De la colère, de la honte »
Oui, nous ressentons de la colère. Celle de payer le plein, les courses et le loyer toujours plus chers, pendant que Total Energies empoche 11 milliards de dollars en six mois. Celle d’entendre qu’il n’y a plus d’argent, dans le deuxième pays du monde pour les dividendes. Celle d’une démocratie où l’on vote tous les cinq ans et où, le reste du temps, il faudrait la fermer.
Oui, nous ressentons de la honte. Honte d’un président qui avait promis en 2020 de recevoir les Gilets jaunes à l’Élysée et ne l’a jamais fait, qui a mis des milliers de doléances à la poubelle, et dont le Premier ministre refuse de recevoir les organisations étudiantes.
« Ceux qui ont pillé doivent rembourser »
Chiche. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le gazole a augmenté de 86 % et le SMIC de seulement 26 %. Son budget 2027 gèle les allocations, les APL et les salaires des agents publics, et prend 5,5 milliards aux retraité·es. Pour les superprofits du pétrole : pas un centime.
Celles et ceux qui pillent nos fins de mois, nos services publics et le vivant depuis 10 ans siègent au gouvernement et dans les conseils d’administration. Qu’ils remboursent.
« La violence débridée »
Il appelle tous les partis à condamner les violences. Nous refusons d’ajouter notre voix au concert de l’indignation. La violence débridée, nous l’avons vue. À Paris, la place de la République a été gazée avant même le départ du cortège. À Strasbourg, des charges ont visé des manifestant·es pacifiques. À Saint-Étienne, un jeune a eu la main arrachée. À Mulhouse, une jeune femme a perdu un œil. À Lens, un garçon de 15 ans a perdu une main. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu un œil. À Paris et en petite couronne, plus de 550 gardes à vue : des avocat·es décrivent des personnes menottées à des bancs pendant des heures. Et un membre de la street medic a perdu la vie sous les coups des violences policières.
« Toute la transparence sera faite », promet-il. Qu’elle soit faite sur chaque main arrachée et chaque œil perdu. Il se dit « intraitable » et réclame aux procureurs « la plus grande fermeté ». Cette fermeté, la jeunesse la connaît déjà : plus de 6 000 interpellations avant même le 17 octobre, surtout des mineur·es.
Son soutien va aux forces de l’ordre. Le nôtre va à celles et ceux qu’elles ont blessé·es. La police mutile, les pesticides tuent, la destruction des services publics tue, la concentration des richesses tue. Chaque jour où cela continue est une violence plus grande que la révolte.
« Les revendications légitimes »
Il dit que nos revendications sont légitimes. Alors qu’il y réponde : les prix, les salaires, les services publics, l’avenir de la jeunesse. Il choisit de répondre par les préfets. Un président qui reconnaît la légitimité d’un peuple et lui envoie la police a perdu le droit de le gouverner.
« Interdire certains rassemblements »
Interdire nos rassemblements, c’est l’arme de l’état d’urgence. Nous savons d’où elle vient. (...)
Nous exigeons
- le respect des valeurs de la République : Liberté, Égalité, Fraternité ;
- le respect de notre droit à la dignité et à vivre dignement et sainement ;
- le respect de notre droit de manifester, de se réunir et de faire grève, partout ;
- la condamnation des violences policières et l’interdiction des grenades de désencerclement et des LBD contre les manifestant·es, la fin des interpellations de masse, des gardes à vue de mineur·es et des traitements dégradants dans les commissariats ;
- la démission d’Emmanuel Macron et la fin de cette démocratie représentative qui méprise les intérêts du peuple.
La population de France mérite d’être enfin considérée, entendue et écoutée. On ne nous fera pas rentrer chez nous. Face à la répression, notre meilleure protection, c’est le nombre et l’unité.
Gilets jaunes et Gen Z, lycéen·nes, étudiant·es, paysan·nes, pompier·es, ouvrier·es, profs, soignant·es, défenseur·euses du climat, habitant·es des quartiers, retraité·es : tous ensemble, toutes ensemble ! (...)
Carte des mobilisations du 24 octobre⬇️
