Alors que le Venezuela a connu ce lundi 29 juin une nouvelle réplique de séisme, les autorités à Caracas ont annoncé un nouveau bilan du double tremblement de terre qui a ravagé le pays : au moins 1 719 personnes y ont péri, mais environ 50 000 personnes sont toujours disparues. Si aucun nouveau dégât n’a été signalé après la nouvelle secousse, la colère des habitants ne cesse de grandir à l’encontre des autorités, accusées de livrer la population à elle-même.
Le nouveau séisme qui a secoué la capitale Caracas, ainsi que la ville de La Guaira, dans le nord du pays, était d’une magnitude de 4,6, avec un épicentre tout près de la zone déjà ravagée mercredi dernier. Aucun dégât n’a été signalé dans l’immédiat, même si de nombreux immeubles ont été affaiblis par les tremblements de terre de la semaine dernière.
Le bilan provisoire est passé lundi de 1 450 à 1 719 morts, selon le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez, qui a fait état de 5 034 personnes blessées. Les Nations unies estiment à environ 50 000 le nombre de disparus.
La frustration règne chez de très nombreux habitants de la Guaira, qui se sentent abandonnés et livrés à eux-mêmes. Certains quartiers un peu excentrés n’ont pas reçu d’aide officielle.
Selon une jeune femme, elle a dû s’imposer devant des engins de chantier stationnés devant la morgue et prendre les clefs au conducteur pour les forcer à venir aider dans leur résidence où ils entendaient des survivants, presque quatre jours après le drame, a-t-elle racontée à notre envoyée spéciale à La Guaira, Alice Campaignolle.
Car si les habitants déblaient à main nues, des pelleteuses et d’autres engins sont nécessaires pour casser ou déplacer des dalles de béton. D’autant que les chances de trouver des survivants ne cessent de diminuer, car les personnes enterrées sous des décombres s’affaiblissent grandement à force de lutter pendant des jours. Cela sous des températures très élevées.
Plusieurs altercations ont également eu lieu entre habitants et les forces de l’ordre, (...)
Dans certaines localités, les riverains ont réussi à obliger des groupes de soldats à prendre des pioches et des pelles pour participer au dégagement des décombres d’un immeuble effondré. (...)
La frustration désormais se mêle à la fatigue et au désespoir, alors que les chances de retrouver des personnes en vie s’amenuisent. (...)
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