Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Altermidi/Cette semaine à Gaza/Brigitte Challande
Préserver et promouvoir la mémoire et la Culture à Gaza !
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #culture
Article mis en ligne le 27 juin 2026
dernière modification le 24 juin 2026

Chaque semaine Abu Amir, le représentant de l’UJFP dans la bande de Gaza, envoie des compte-rendus des actions humanitaires développées par les équipes : distribution alimentaire, soutien psychologique, éducation et soutien de l’agriculture. Il écrit également des textes de réflexion et d’analyse géopolitiques, mais ce 17 Juin c’est encore une autre initiative qui nous est racontée. Un travail artistique en partenariat UJFP/CreArt association culturelle espagnole/organisation palestinienne de développement (POD), qui trace le chemin de la résistance par la culture.

« Alors que la bande de Gaza continue de faire face à des défis humanitaires, sociaux et économiques complexes qui ont affecté tous les aspects de la vie quotidienne, la culture et les arts se sont imposés comme l’un des outils les plus importants pour protéger les individus des effets de l’isolement et des pressions psychologiques, tout en contribuant à reconstruire les espaces humains fragilisés par les crises successives. C’est dans cette perspective qu’a été organisée l’exposition artistique accueillie dans la salle de l’UJFP au sein du bâtiment de POD à Deir al-Balah. Ouverte au public le 9 juin 2026 et poursuivie pendant trois jours consécutifs, cette exposition a constitué l’aboutissement d’un parcours de deux années de travail culturel, artistique et éducatif alliant créativité, soutien psychosocial et développement humain. Elle a contribué à créer un espace sûr où enfants et artistes ont exprimé leurs émotions, leurs expériences et leurs aspirations à travers l’art.

L’histoire de cette initiative remonte à avril 2024, date du lancement du projet Renforcer la résilience culturelle pour la pratique de la liberté de pensée dans la bande de Gaza. Ce projet portait une vision allant bien au-delà de la conception traditionnelle des activités artistiques. Il visait à utiliser l’art comme un moyen efficace de renforcer la résilience psychologique et sociale des enfants, en leur offrant la possibilité d’exprimer leurs émotions et leurs expériences de vie à travers le dessin et les couleurs, à une période où le besoin d’initiatives capables d’aider les enfants à surmonter les pressions psychologiques et sociales imposées par les circonstances exceptionnelles vécues dans le territoire était particulièrement urgent.

Le projet a bénéficié du soutien de l’Agence catalane de coopération au développement (ACCD) et a été mis en œuvre en partenariat avec les organisations CreArt et POD. (...)

Les séances de dessin se sont transformées en espaces de dialogue, d’expression émotionnelle et de libération psychologique, où les enfants pouvaient partager leurs sentiments, leurs souvenirs et leurs aspirations. (...)

À l’issue officielle du projet, en avril 2026, une nouvelle phase a commencé avec les préparatifs d’une grande exposition artistique destinée à présenter les résultats de cette expérience de longue durée et à faire découvrir au public une sélection des œuvres réalisées par les artistes ayant participé au projet. (...)

Durant les trois jours de l’exposition, plus de 1 200 visiteurs ont franchi ses portes, un chiffre qui témoigne de l’intérêt que continue de susciter l’activité culturelle et artistique au sein de la société palestinienne malgré les nombreuses difficultés rencontrées.(...)

L’un des moments marquants de l’exposition fut la présentation des artistes devant les visiteurs. Ils ont eu l’occasion de se présenter et de commenter directement leurs œuvres, offrant ainsi au public la possibilité de découvrir les dimensions intellectuelles, humaines et émotionnelles qui se cachent derrière les tableaux exposés. (...)

L’impact de cette expérience ne s’est pas limité à Gaza. Il s’est étendu au-delà des frontières palestiniennes grâce à l’organisation simultanée d’une exposition parallèle sur la place du Parlement catalan à Barcelone, en Espagne, où des reproductions des mêmes œuvres ont été présentées au public européen. Cette initiative visait à faire connaître cette expérience artistique et culturelle à un public plus large et à présenter le projet lancé à Gaza deux ans auparavant. L’exposition de Barcelone a également été inaugurée le 9 juin 2026 et se poursuit jusqu’au 21 juin de la même année. Elle a donné à ces œuvres une dimension internationale et transmis un message culturel dépassant les frontières géographiques, affirmant que l’art possède une capacité unique à construire des ponts entre les peuples et à transmettre des expériences humaines universelles, quelles que soient les différences de langues et de cultures.

Cette présence internationale a également permis de mettre en lumière le projet et les efforts déployés pour utiliser l’art comme moyen de soutien psychosocial et de renforcement de la résilience culturelle des enfants. Cette exposition a démontré que la culture n’est pas un luxe que l’on peut remettre à plus tard en période de crise, mais qu’elle constitue un élément fondamental de la capacité des sociétés à préserver leur équilibre et leur continuité. Le travail avec les enfants et leurs capacités créatives constitue un investissement dans l’avenir et dans la construction d’une société davantage capable de s’exprimer, de dialoguer et de créer.

Lire aussi :

 (Editions Riveneuve).
« Gens de Gaza »

Sarah Katz, Annie Vera, Véronique Hollebecque, Brigitte Challande, Pierre Stambul, Franck Mérat

Comme tout peuple en souffrance et en résistance, les habitants de la bande de Gaza, confinés dans leur cage, souhaitent ardemment transmettre au monde la réalité de leur vie. Suite à leurs séjours successifs à Gaza, les auteurs proposent de décrire la société gazaouie dans sa diversité, ses contradictions et sa résilience. (...)