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Les astronomes tirent la sonnette d’alarme : l’humanité risque de perdre le ciel étoilé pour toujours
#satellites #pollution #astronomie
Article mis en ligne le 5 juillet 2026
dernière modification le 2 juillet 2026

Alors que la Commission fédérale des communications des États-Unis doit se prononcer prochainement sur des projets de mégaconstellations portés par SpaceX et la start-up Reflect Orbital, l’Observatoire européen austral (ESO) hausse le ton. S’appuyant sur une étude scientifique, l’institution alerte : sans régulation stricte, la prolifération de satellites en orbite basse représente une menace significative pour l’astronomie optique mondiale en rendant le ciel nocturne jusqu’à quatre fois plus lumineux, privant l’astronomie d’une partie cruciale de ses capacités d’observation.

Dans un communiqué diffusé ce 1er juillet, l’Observatoire européen austral (ESO) alerte l’opinion publique et les décideurs politiques sur une menace croissante : l’explosion du nombre de satellites en orbite basse met en péril l’astronomie mondiale et, au-delà, le ciel nocturne comme bien commun de l’humanité.

Cette prise de parole n’est pas anodine. Si elle s’appuie sur une étude scientifique rigoureuse, elle constitue aussi un acte de communication stratégique, destiné à peser sur des décisions réglementaires américaines avant qu’elles ne deviennent irréversibles. (...)

Une étude inédite aux conclusions alarmantes (...)

Pour préserver la capacité humaine à observer le ciel nocturne avec des télescopes modernes, le nombre total de satellites en orbite ne devrait pas dépasser 100 000, à condition qu’ils restent suffisamment peu lumineux pour être invisibles à l’œil nu depuis un site sombre.
Les projets en cause : un problème mondial (...)

Depuis une ville déjà soumise à la pollution lumineuse, comme Munich, ces satellites deviendraient les seules « étoiles » visibles dans le ciel nocturne (...)

Le problème n’est pas uniquement américain. E-Space, avec sa constellation « Cinnamon », et les programmes chinois CTC-1 et CTC-2 ajouteraient des centaines de milliers de satellites supplémentaires, confirmant que la saturation de l’orbite basse est un enjeu de portée mondiale. (...)

Des conséquences concrètes et multiples (...)

Au-delà de l’astronomie, la pollution lumineuse générée par des constellations très brillantes pourrait perturber les horloges biologiques (...)

Les écosystèmes sont des systèmes complexes composés d’organismes vivants interagissant entre eux et avec leur environnement physique, avec des répercussions sur la santé humaine et animale encore à évaluer. Les nombreux lancements et rentrées atmosphériques de satellites contribuent par ailleurs à la pollution de l’air, un impact environnemental direct que l’ESO reconnaît sans toutefois le quantifier, renvoyant à d’autres spécialistes le soin de l’évaluer.

Face à ces constats, Olivier Hainaut plaide pour une limite stricte : pas plus de 100 000 satellites au total avec une magnitude visuelle inférieure à 7, garantissant leur invisibilité à l’œil nu. Il précise lui-même que ce chiffre n’est pas un seuil absolu, mais le niveau au-delà duquel les pertes pour l’astronomie deviennent comparables à des pannes systématiques d’équipements, autrement dit, insupportables pour la recherche. (...)