Olivier Faure inaugure lundi soir le nouveau cercle de réflexion de son parti, Noûs. Parmi les invités : des universitaires, un avocat, un philosophe, une réalisatrice… et l’ancien préfet de police de Paris. Malgré les critiques et les demandes d’annulation, le PS assume au nom de la « confrontation idéologique ».
(...) Pour lancer ce grand travail doctrinal, censé « permettre la convergence des idées de gauche », le PS a convoqué des « grandes figures politiques, intellectuelles et militantes, aux sensibilités diverses », mais toutes et tous « déterminé·es à en faire un objet d’effervescence intellectuelle ». Parmi ces figures, l’une d’elles a retenu une attention particulière au sein du parti : celle de Didier Lallement, l’ancien préfet de police de Paris.
Le haut fonctionnaire à la retraite sera l’invité d’une table ronde sur les violences policières, intitulée « Raison ou violence d’État ? », troisième acte d’une soirée consacrée aux violences en général (...)
Dans un texte publié sur les boucles internes, des militant·es socialistes demandent l’annulation de ce qu’ils et elles estiment être une « erreur majeure » de la direction du parti. (...)
Le PS assume sans ciller
La direction du think tank socialiste défend, elle, l’invitation de l’ancien haut fonctionnaire. (...)
« Didier Lallement est un symbole d’une doctrine réprouvée, poursuivent les deux élu·es. Nous allons pouvoir dire nos désaccords fondamentaux. »
Au moins deux intervenant·es sollicité·es par le PS ont décliné l’invitation. (...)
Le lourd passif du préfet Lallement
Préfet de police de Paris de mars 2019 à juillet 2022, Didier Lallement a érigé la répression en fil rouge de sa doctrine de maintien de l’ordre. Sa gestion du mouvement des Gilets jaunes a compté de nombreux cas de violences. Son recours aux nasses et aux charges à l’égard des manifestant·es avait été pointé par de hauts responsables de la gendarmerie, dans des notes révélées par Mediapart en mars 2020, comme étant « contraires à la législation » et « aux conséquences politiques potentiellement néfastes ».
Dans l’affaire Michel Zecler, du nom de ce producteur de musique tabassé par la police en novembre 2020, la préfecture de police de Paris avait accordé la protection fonctionnelle – donc la prise en charge des frais de justice – aux quatre agents mis en examen dans l’affaire. (...)
Plusieurs déclarations du préfet Lallement, au cours de ces trois années passées en poste, ont également suscité le courroux des associations de défense des libertés fondamentales et des partis de gauche (...)
crédit image : Celette, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons