Selon plusieurs sources, le premier groupe de presse quotidienne régionale (PQR) de France souhaiterait profiter des grandes vacances pour lancer une restructuration, au grand dam des syndicalistes. 500 postes pourraient passer à la trappe.
Cela fait plus de deux ans que les salariés du groupe Ebra vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le calendrier semble s’accélérer : la direction de ce mastodonte de la presse quotidienne régionale (le Dauphiné libéré, le Bien public, l’Est républicain, les Dernières Nouvelles d’Alsace…) s’apprêterait à lancer le coup d’envoi d’une grosse restructuration, en juin. (...)
Couper l’herbe sous le pied des syndicalistes
Les syndicalistes du groupe nous confirment avoir eu vent, eux aussi, de l’information. Ils assurent que la direction chercherait à couper l’herbe sous le pied d’une possible mobilisation. « Ils veulent profiter du fait qu’une bonne partie des élus et des salariés seront en vacances à ce moment-là, peste Delphine Banas, journaliste au Républicain lorrain et membre du SNJ CGT. Cela signifierait que de nombreuses personnes découvriraient la chose en revenant de congés ! Nous avons prévenu la direction : on ne négociera pas pendant l’été. » (...)
D’après des bruits de couloirs, une possible restructuration pourrait concerner jusqu’à 500 emplois (sur 3 100), un chiffre également évoqué par le Canard enchaîné du 6 mai. Une chose est sûre, la nouvelle dirigeante d’Ebra, Sophie Gourmelen, a été nommée en juin 2025 pour conduire une vaste opération de transformation du groupe, en difficultés économiques. (...)
les salariés d’Ebra considèrent que l’actionnaire, le Crédit mutuel, aurait largement les moyens de remettre au pot, du haut de ses 4,8 milliards d’euros de bénéfices annuels.
« Le Crédit mutuel doit comprendre qu’il se met dans une situation où son image risque d’être sérieusement écornée, souligne un salarié. Ils ont voulu investir dans la presse, mais ils doivent assumer aujourd’hui le fait que ce secteur n’est pas une machine à cash. » (...)
Une analyse partagée par le sociologue spécialiste des médias Jean-Marie Charon (...)